CHAPITRE XXII rj
revenue vers moi d'un pays lointain , elle me racontait naïvement les innocentes rêveries où sa pensée s'égarait.
M Elle m'a dit en me regardant délicieusement : — « J'ai offert mon calice : il est rempli jusqu'aux bords. Mon petit sac de voyage est rempli aussi. Seulement, il y a dedans une pomme qui est tachée d'un petit point noir. J'avais défendu à Dick^ de la mettre là; car rien de souillé ne saurait entrer au ciel... Dick , tu viendras me chercher.» Voilà ses rêveries lorsqu'elle s'assoupit.
« Encore une nuit écoulée.
« Elle inclinait tout à l'heure sa tête , où toutes ses souffrances semblaient se concentrer, pour recevoir l'eau bénite que lui présentait M. le supérieur. — — « Remuante créature que je suis toujours! disaitelle, je ne puis tenir cette pauvre petite tête en repos. »
«Le gosier se resserre, la poitrine se remplit depuis quarante-huit heures... Nous avons récité quelques courtes prières , et elle répétait : « A l'heure de la mort, défendez -moi, ordonnez -moi d'aller à vous; recevez-moi. » — Vers quatre heures du matin elle a dit : « Soulevez -moi encore une fois sur mon lit... Voici la dernière crise. » — Pendant que les bras de Cecilia^ et ceux de sa mère la soutenaient, elle a défailli tout à coup. Sa tête chérie s'est penchée sur ce cœur qu'elle connaissait si bien et qu'elle aimait tant , et tout a été fini. . . Mon Dieu , mon Dieu !
« Le matin elle avait dit : « Ne soyez pas triste , ma
1 Sou frère Richard.
2 Gecilia O'Gonway, une des Sœurs.
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mère ; je n'irai pas loin de vous. Je suis sûre que notre cher Maître me laissera venir, et je vous consolerai... « Les larmes de Joséphine lui faisaient mal. — « Je ne m'arrête pas, disait-elle, à la pensée que vous me laisserez dans le tombeau ; que , moi partie , vous reviendrez à la maison , toutes..., sans moi. Je regarde làhaut »
Elizabeth ferma les yeux à sa petite Rebecca ; puis elle la souleva doucement , et la porta dans ses bras , avec l'aide d'une des Sœurs, sur le lit où l'enfant n'avait pu reposer, même pour y mourir. Elle se pencha sur ce visage immobile, l'enveloppant de ses regards, le réchauffant sous ses baisers, et lui parlant et répétant avec une infinie tendresse : « Ma Rebecca, ma Rebecca , ma chère petite enfant ! » — Se tournant ensuite vers une des religieuses qui étaient là : « Ma chère sœur, lui dit-elle, apportez-moi du linge "blanc. Donnez ce qu'il en faut pour que je me change. Maintenant mes liens sont brisés... , je bénirai le Seigneur. » — L'instant d'après, levant les yeux et les mains vers le ciel , elle s'écria avec un saint transport : « 0 mon Dieu ! ma bien-aimée enfant est auprès de vous! Elle ne sera plus en danger de vous offenser. Je vous la donne de toute mon âme ! »
Cette héroïque résignation ne fut pas la surexcitation d'un moment. Le cœur d'Elizabeth, abîmé dans la douleur, mais accoutumé à se soumettre avec adoration à Dieu, se soutint à la hauteur où l'avait trouvée son épreuve. Nous allons l'entendre annoncer à la plus chère de ses amies la mort de Rebecca. Nous la verrons encore lorsqu'elle a[>prendra à son fils William cette
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nouvelle déchirante. Écoutons- la d'abord s'adressaut à M""^ Eliza N... « Vous seule pourrez comprendre les transports, l'allégresse vraiment triomphante de son âme, au moment où elle reçut les derniers sacrements, et les tendres espérances qu'elle mettait en la vertu du divin sacrifice de l'autel. Non, il ne m'est pas possible de vous donner une idée de la paix , de la suavité, de la force et de la piété de cette belle âme. Toutes ses vertus se reflétaient sur son visage, et y brillaient d'un si pur éclat, que d'une enfant d'assez bon air, comme vous avez pu remarquer lorsque vous l'avez vue la dernière fois , elle était devenue une véritable beauté ; et cela jusque dans la mort. Le cœur en haut, le cœur en haut! très -chère amie. Point de tristes et vains regrets. Regardez-la où elle est aujourd'hui; cela imposera silence à tout. »
La lettre qu'elle adressa à son fils est d'un accent non moins sublime. Seulement la force lui manqua pour écrire aussitôt après la mort de son enfant; elle attendit vingt jours plus tard.
41 novembre 181 fi.
« Mon William , cher enfant de mon âme , oh ! que ne donnerais-je pas pour me trouver auprès de vous à ce moment où vous allez apprendre la douloureuse nouvelle à laquelle vous ont préparé toutes mes dernières lettres? Il est des moments, mon fils, où notre soumission envers Dieu doit triompher des sentiments les plus tendres, les plus profonds de la nature. C'est là ce qui vous est demandé maintenant, mon bien-aimé; car s'il
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VOUS avait été donné de voir notre Rebecca monter au ciel sous la forme d'un ange , vous ne pourriez être plus certain qu'elle est avec Dieu que vous n'en serez certain par la foi, lorsque vous aurez appris de quelle sainte mort nous avons été les témoins.
« C'eût été de notre part un souhait égoïste, oui, égoïste, de désirer prolonger ses souffrances et ajourner son assuré bonheur, pour nous conserver plus longtemps la douce possession de cette chère créature. Et pourtant j'ai perdu en elle la bien -aimée petite amie de mon cœur, qui lisait en lui toute peine et toute joie, comme en un livre ouvert. J'ai perdu l'enfant la plus chérie de mon âme , à cause de ses souffrances et de sa patience incomparable. Toutefois, en ce moment, je regarde en haut avec joie, souffrant seulement pour vous qui êtes si loin... Elle a dit souvent que si Dieu permettait qu'elle se fît voir à vous, elle n'y manquerait pas ; mais ce dont elle se tenait pour bien assurée, c'est que Notre-Seigneur ne refuserait pas à son âme la douceur de vous voir. Pour nous, vraiment , après les grâces célestes dont son Seigneur l'a favorisée en ce monde, nous pouvons bien croire qu'il ne lui refuse plus rien à cette heure.
« Il ne m'est pas possible de vous donner une idée de la perfection de Rebecca : la beauté de son âme , et même aussi sa tei restre beauté, ont été croissant chaque jour, jusque dans les bras de la mort. Votre dernière lettre nous arriva la veille du jour oîi nous l'avons perdue. Elle était entrée déjà dans sa longue agonie. Je pus encore lui dire les tendres témoignages de votre amour fraternel : elle leva les yeux sur le crucitix,
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VOUS bénissant avec nne expression de tendress(^ répandue sur tout son visage, et en même temps une expression très-vive de cette douleur qu'elle a toujours ressentie de votre absence. Ne pas vous voir, c'est le seul regret qu'elle ait jamais exprimé en quittant ce monde. — « Dites-lui seulement qu'il vienne vers moi,» murmurait-elle, quand déjà elle n'avait plus assez de force pour supporter d'entendre parler de vous pendant plus d'un instant.
« C'est dans les bras de sa mère , c'est sur ce cœur qui l'aimait tant, qu'elle a rendu le dernier soupir... Neuf semaines, nuit et jour, je l'ai tenue entre mes bras ; bien souvent , prenant ma nourriture avec une main , derrière son oreiller, tandis qu'elle reposait sur mes genoux. Dans ses souffrances, elle ne trouvait ni trêve ni soulagement qu'en sa mère bien-aimée , en sa pauvre mère. J'étais si heureuse de souffrir avec elle! Je n'ai pas eu un seul moment conscience de fatigue ni de mal. Soyez sans crainte pour votre mère , mon bienaimé William. »
Dans les premiers jours de décembre, un mois après la mort de Rebecca, Elizabelh vit arriver à Emmettsburg M. de Cheverus. Cette visite ne fut qu'une apparition de quelques heures; mais elle lui apportait un témoignage de sympathie , qui lui fit autant de bien que chose humaine pouvait lui en faire désormais. Il est à peine besoin de dire qu'elle édifia et toucha le saint évêque par les grands sentiments de foi qui dominaient toute sa douleur. « Le souvenir du 8 et du 9 décembre, lui écrivait -il, quand il fut rentré dans son
diocèse , sera gardé dans le trésor de ma mémoire et des affections de mon cœur. Vos excellentes Sœurs, leurs élèves si édifiantes et si heureuses, la Mère avec ses enfants du ciel et ses enfants d'ici-bas, sont dans mon cœur et dans mes prières pour y demeurer à jamais. »
Le droit d'association et les œuvres catholiques aux Etats-Unis. — l.a société des Sœurs de Saint-Joseph prend les mesures requises pour faire reconnaître son existence légale. — Procès intenté à la communauté par M. Emmett. — Fondation de l'orphelinat de New-York. — M. Connelly. — Lettre d'Elizabeth Selon à son fils William. — Retour de William en Amérique. — Kichard , son jeune frère, est demandé à Livourne par Antonio Filicchi. — Lettre d'Elizabeth à Antonio. — M. du Bourg, évéque de la Louisiane, amène d'Kurope en Amérique quarante missionnaires. — Zèle apostolique de M. du Bourg. — Son voyage de Baltimore à Saint-Louis du Missouri. — Les œuvres de son épiscopat. — William Selon miclshipman. - - Ses adieux à sa mère. — Mort de M. Duhamel, pasteur de la congrégation d'Kmmettsburg. — Il est remplacé par M. Brute de Bemur. — Lettres d'Elizabeth à Antonio Filicchi.
Mon Dieu, vous l'aimiez donc bien, cette Elizabeth ! vous la vouliez donc bien à vous , rien qu'à vous ! Ces coups redoublés, frappés sur son cœur, qu'élaienl-ils en vos desseins, sinon vos épreuves? Vous veniez à elle, et vous l'interrogiez après. M'aimes-tu? lui disiezvous? — Le malbeur, n'est-ce pas toujours, pour cbacun de nous, le Pierre, ni amiez-vous^ ? — Quand vous lui ôtiez son père , sou William, et sa Kebecca, la sœur
' S. Jean, chap. xxi, IG.
de son àine, elle vous répondait : Seigneur, je vous aime! — M'airaes-tu? disiez- vous encore, quand vous lui repreniez Cecilia, Henriette, ses deux autres sœurs ; elle vous répondait : Seigneur, je vous aime ! — Et quand elle eut perdu son Anna, et après qu'elle eut perdu sa seconde Rebecca, la petite bien-aimée. M'aimestu? répétiez-vous. — Elle, toute soumise et toute en pleurs : Vous le savez bien, Seigneur, que je vous aime! C'en est assez, vous ne l'interrogerez plus: elle est à vous d'un inaltérable amour : votre épreuve l'a trouvée fidèle. Désormais vous ne lui ôterez plus rien de ce que vous lui avez laissé sur la terre à aimer. Vous voulez la laisser respirer un peu , avant qu'elle ne s'e?i aille; car bientôt elle ?ie sera plus. Son œuvre est fondée. La société des Filles de la Charité ira grandissant, semant ses bienfaits, prodiguant ses secours, apparaissant sur tous les points oiî la civilisation lui aura fait jour, dans l'immense étendue des États-Unis. L'esprit de saint Vincent l'a déjà pénétrée, on le reconnaît à ses fruits. Il reste à la constituer dans sa forme légale. -Il reste à la préparer pour d'inévitables contacts avec le monde extérieur. Ce soin va ramener votre servante vers les régions de la terre. Elle les fuirait volontiers ; mais vous voulez qu^avantde disparaître, elle ne laisse rien après elle d'incomplet et d'inachevé. Les mœurs et les lois du pays où elle vit lui rendront d'ailleurs sa tâche facile. L'esprit d'association a formé les États- Unis. La liberté d'association, liberté absolue , si profitable aux œuvres catholiques, y est considérée partout, à tous les degrés, comme la sauvegarde de l'indépendance, et comme le rem[)art du droit commun.
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L'association des SoMirs de Cliarilé de Saint-Joseph se trouvait dans une situation si prospère, et donnait de telles promesses pour l'avenir, que ses directeurs, vers la fin de l'année 1816, jugèrent opportun de la constituer d'une manière légale. Jusqu'alors elle n'avait point eu d'existence reconnue. Aux yeux de la Législature de l'État , elle était comme n'existant pas. Tout ce qui composait la propriété de la communauté, terrain, maison, dépendances, était considéré comme la possession privée des trois personnes dont nous avons vu les noms figurer dans l'acte d'acquisition passé à Emmettsburg en 1809 : MM. Samuel Cooper, M. Guillaume Valentin du Bourg, et M. Jean Dubois. Le temps était venu de rendre la communauté propriétaire nominale d'un bien dont elle était propriétaire réelle.
Toute association dans les États-Unis jouissant du droit de se constituer pour quelque objet que ce soit, une fois constituée, elle est libre d'acquérir, de vendre, de posséder, de se développer comme il lui convient. S'il s'agit d'une association religieuse , la loi ne fait acception d'aucune doctrine, d'aucune secte, de quelque nature que ce soit. Elle exige seulement de toute association qui aspire à avoir une existence légale, qu'elle obtienne ce qu'on appelle un acte d'incorporation. Cet acte, émané de la Législature d'un État ou du Congrès, a pour effet d'attribuer à la société qui l'a obtenu le caractère d'une personne civile ; à proprement parler, il n'y a d'existence civile pour les associations, aux États-Unis, que lorsqu'elles ont été incorporées. Les catholiques se sont tous et toujours conformés à cette condition; et ils ont tiré profit de la libéralité du
droit commun pour donner à leurs congrégations et à leurs fondations les garanties qui en assurent la perpétuité. Ils ont fait incorporer leurs couvents, leurs hôpitaux, leur collèges, leurs paroisses. De la sorte, ils ont pu posséder des biens, en échanger, en acquérir, suffire à l'entretien de leur clergé, de leurs congrégations, de leur culte : en un mot, pourvoir à toutes leurs charges. Ces grands avantages, dus aux chartes d'incorporation, avaient été pressentis, bien avant que l'avenir les eût révélés, par le grand John Carroll, si profondément dévoué aux intérêts du catholicisme , et si passionnément attaché aux institutions américaines.
Quand on parla à la mère Seton de l'opportunité des démarches à faire pour assurer à l'association des Sœurs de Charité son existence légale, elle demanda qu'on lui expliquât quel profit on en pourrait recueillir. Tout, dans une semblable question, était nouveau pour elle ; sa pensée ne s'y était jamais arrêtée. On lui expliqua ce qu'était l'incorporation ; et comme on lui représentait qu'un des principaux avantages de cette mesure serait de permettre à la congrégation de plaider et d'intenter procès : «Je ne regarde pas cela comme un avantage,)) répondit-elle. — Cependant, comme ceux qui la conseillaient étaient d'avis qu'on devait poursuivre cette affaire, elle y donna son assentiment. L'acte pour incorporer la congrégation fut passé par la Législature du Maryland, au mois de janvier ,1817'. Immédiatement après, la propriété de la ferme et de la maison, et du lot de terrain y attenant, fut transférée aux Sœurs par les possesseurs nominaux.
< Voir la note 17 à lu fin de ce volume.
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A peine ces formalités avaient-elles été remplies, que l'ancien propriétaire ilu terrain cédé à la communauté de Saint-Joseph , M. Emmett, le premier colon de cette vallée , voulut disputer aux Sœurs leur propriété , sous le faux prétexte d'une nullité dans les actes de vente. Bien décidé à leur créer au moins des embarras, il leur intenta un procès dont l'injustice était manifeste. Les Sœurs n'avaient rien à redouter de ses prétentions; mais il leur semblait pénible d'entrer dans les contestations , les longueurs et les frais d'une afîaire en justice. La discussion était entamée, quand elle prit fin tout à coup de la manière la plus imprévue, par la mort subite de M. Emmett. Les héritiers qu'il laissa renoncèrent à poursuivre le procès qu'il avait commencé contre les Sœurs.
Au printemps de l'année 1817, la congrégation catholique de la ville de New-York , touchée des résultats obtenus dans l'asile de Saint-Joseph de Philadelphie, voulut aussi avoir son orphelinat. Le diocèse de New- York commençait seulement à se constituer; la charité y avait tout à faire. M. Connelly, qui le gouvernait depuis deux ans, comprenait la grandeur de sa tâche, et s'y dévouait avec un admirable zèle. Religieux dominicain , naguère prieur du couvent de Saint-Clément à Rome, M. Connelly avait été choisi par le Souverain Pontife, après son retour dans ses États, en 1814, pour succédera M. Concanen, l'évêque nommé au siège de New-York en 1 808 ' . Ce fut lui qui se chargea de transmettre à la mère Seton l'expression
< M. Concaaen avait été également prieur du couvent de Saint-Clément aux Dominicains.
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(lu vœu général. Il obtint d'elle tout ce qu'il sollicitait. Admirable disposition de la Providence ! dans cette ville où dix années auparavant, la pauvre Elizabeth avait essuyé toutes les colères de l'intolérance et les douleurs de l'abandon, la voilà qui reparaissait, modeste, mais triomphante, prête à ouvrir ses bras à des misères sans nombre , et à jeter les fondements d'une grande maison religieuse, la première maison religieuse qu'eût encore vue le nord des États-Unis.
Ce fut à la Sœur Rose White qu'elle confia le soin de fonder l'orphelinat de New-York. Elle la rappela de Philadelphie, où sa piété, sa capacité, ses manières aimables et douces , en attirant sur elle la bienveillance de tous les gens de bien, avaient assuré le succès de sa tâche. Elle lui donna comme auxiliaires les Sœurs Cecilia O'Conway et Félicité Brady, l'élite de la communauté. Ces trois servantes des pauvres arrivèrent à New-York le 20 juin 1817. Elles s'y établirent d'abord dans une petite maison située sur l'emplacement qu'elles possèdent aujourd'hui dans Prince- Street. La première année, elles n'eurent à soigner que cinq enfants. L'année d'après, elles en avaient déjà vingthuit. Elles devaient, quelques années plus tard , en recueillir quatre cents, et en recevoir le double encore, des mains de l'État lui-même.