CHAPITRE X\l
Mi
de Saint-Joseph , qui, sitôt mortes qu'apparues, ont répandu sur leur passaj^e le parfum des saintes vertus ! A leurs noms, qu'on va lire maintenant, si nous ajoutions seulement le compte de leurs années, les dates de ces naissances, voisines de la mort, seraient éloquentes pour dire les fatigues et la vie mortifiée des Filles de la Charité.
PREMIÈRES SŒURS OU NOVICES DE LA COMMUNAUTÉ MORTES AVANT ELIZABETH SETON
Morte le 15 décembre 1812,
— 28 novembre 1813,
— 14 janvier 1814 ,
— l^"" décembre 1814,
— U janvier 1815,
— 25 mai 1816,
— 26 mai 1816,
— 20 décembre 1816,
— 20 juin 1817.
— 21 avril 1818,
— 6 novembre 1818,
— 20 novembre 1818,
— 10 août 1819,
— 30 août 1820,
— 17 novembre 1820,
Maria Murphy.
Eleanor Thompson.
Benedicta Corish, qui, en l'espace de dix mois, fut élève, novice, Sœur professe, et habitante de réternité.
Agnes DufTy.
Catherine Mullen.
Mary-Joseph Llewellen.
Martina Quinn.
Magdalen Guérin — née à la Martinique — .
Mary-Theresa Egan — la nièce de Tévêque de Philadelphie — .
Helen Brady.
Mary-Elizabeth Wagner.
Mary-Ignatia Torney — ces deux dernières Sœurs étaient des prolestantes converties à la foi catholique — .
Camilla Corish, morte à l'orphelinat de Philadelphie.
Jane-Frances Gartland, ancienne élève de la communauté.
Mary-Theresa Mills , encore novice.
L'œuvre d'Elizabeth Seton, commencée dans la faiblesse, continuée à travers les épreuves, affermie par les efforts persévérants d'une volonté confiante en Dieu, n'a cessé de grandir et de porter des fruits de bénédiction. A la mort de la vénérée fondatrice, la communauté se composait de cinquante Sœurs; il y avait soixante-quinze élèves dans le pensionnat , et un nombre beaucoup plus considérable d'enfants à la petite école des pauvres ^
Celle qui remplaça la première Mère auprès des filles qui la pleuraient, fut une de ses anciennes compagnes, cette pieuse et courageuse veuve. Rose Wbite, qu'elle avait naguère choisie entre toutes pour conduire les deux premiers essaims sortis de la maison de Saint- Joseph, Les Sœurs étaient inspirées par l'Esprit de Dieu, lorsqu'elles la choisirent pour succéder à leur première Mère.
D'années en années , depuis ses commencements , la Compagnie des Filles de la Charité en Amérique a vu s'augmenter le nombre des vocations qui la renouvellent. D'années en années, elle a fondé de nouveaux établissements, et a rendu de plus grands services à la religion. On compte mille Sœurs de la Charité aux États-Unis. Le nombre des maisons qu'elles y ont fondées, écoles, orphelinats, asiles pour les malades, est de quatre-vingt-onze , répandus dans les difi^érents endroits dont voici les noms :
1 Le nombre des Sœurs, en 1829, s'élevait déjà à 120. Voir Notice sur le diocèse de Baltimore, envoyée au rédacteur des Annales de l'Association de la propagation de la foi, par Mgr Wilhfield , archevêque de Baltimore,. juin 1829. — Année 1R30, n" XX des Annales.
CHAPITKK XXIV
6Sâ
Albany ,
État de
! New- York,
maisons.
Alton ,
Illinois,
Baltimore,
Maryland ,
Boston,
Massachusetts ,
ButTalo ,
New- York .
Chicago ,
Illinois ,
Santa-Barbara ,
Californie ,
Dedliam ' ,
Massachusetts ,
Détroit,
Michigan ,
Donaldsonville,
Louisiane ,
Emmcttsburg ,
Maryland ,
Keokuk ,
lowa ,
La Salle ,
Illinois,
Los Angeles ,
Californie ,
Lowell,
Massachusetts ,
Milwaukee ,
Visconsin,
Mobile ,
Alabama ,
Natchez ,
Mississipi,
La Nouvelle-Orléans ,
Louisiane,
Norfolk ,
Virginie ,
Petaluma,
Californie,
Philadelphie,
Pennsylvanie ,
Richmond ,
Virginie ,
Rochester,
New- York ,
Santa-Cruz ,
Californie,
San-Francisco,
Californie ,
San-Juan-Bautista,
Californie,
Saint-Louis,
Missouri ,
Syracuse ,
New- York ,
Toronto ,
Canada- West ,
Troy,
New-York ,
Utica ,
New- York ,
Virginia-City,
Nevada ,
Washington ,
Columbia,
VVilraington ,
Delaware ,
Total 91 maisons.
i Toutes ces villes sont indiquées sur la carte qu'on a jointe à ce volume. Dedham, à dix milles au sud de Boston, seul, ne s'y trouve pas, faute d'espace.
Le 7 juillet 1849, la Compagnie des Sœurs de la Charité de Saint-Joseph obtint une faveur qu'elle sollicitait depuis bien des années : elle fut constituée sous l'autorité du supérieur i^^énéral des Filles de la Charité en France, et elle appartint désormais, par une union encore plus étroite, à la grande famille de saint Vincent de Paul. Les dernières négociations qui amenèrent cette union si désirée furent conduites avec un grand zèle par M. Deluol, supérieur du séminaire de Sainte-Marie de Baltimore, et supérieur général de la Compagnie aux États-Unis. Sitôt que ce vénérable prêtre eut vu l'union s'accomplir, il s'empressa de se démettre de ses fonctions, qui appartenaient désormais au supérieur général de la Compagnie en France. Il avait été le supérieur des Sœurs d'Amérique pendant l'espace de vingt ans; ayant succédé, en 1826, à M. Dubois, appelé à Tévêché de Nev/-York.
Le 25 mars 1850, les Sœurs de Charité d'Amérique renouvelèrent toutes leurs vœux avec solennité, suivant la formule en usage dans les communautés françaises. Le 8 décembre de l'année suivante , fête de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge , elles prirent le même habit que portent leurs sœurs de France. Chaque année maintenant, conformément à l'usage général, elles envoient à Paris une députation composée de quelques-unes d'entre elles. Le séjour que ces pieuses filles font à la maison mère les pénètre de l'esprit et des traditions de leur Institut. Revenues en Amérique, elles transmettent à leurs compagnes les instructions et les heureuses impressions qu'elles ont reçues.
Dernier survivant des prêtres français émigrés aux
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États-Unis, le vieil évêque de Bardstown, M. Flaget, put assister avant sa mort à ce couronnement d'une des œuvres les plus fécondes que l'Amérique ait dues à l'impulsion de la Francn, On se souvient que c'était lui qui avait apporté à Emniettsburj^, en 181 1 , les Constitutions de saint Vincent de Paul. Sa précieuse mort arriva le 1 1 février 1850. Les premiers amis de la communauté s'en étaient allés, bien avant lui, recevoir leur récompense. M. David^ premier supérieur des Sœurs de Saint-Joseph après M. du Bourg, ensuite coadjuteur de Bardstown , associé pendant près d'un demi siècle aux travaux de M. Flaget, l'avait précédé dans la tombe, en 1841. M. Dubois , presque octogénaire, avait couronné à New-York, en 1842, par un épiscopat de seize années , une vie tout entière dépensée au service de la religion et de la charité. M. Maréchal était mort ^ en 1828, à Baltimore, à la suite d'un voyage fait au Canada, pour les intérêts de son diocèse. M. de Cheverus , éprouvé par les rigueurs des hivers du Massachusetts, vaincu par la maladie, s'était vu forcé de briser les chers liens qui l'attachaient aux fidèles de Boston. Il avait accepté, en 1823, révêché de Montauban, dont on l'avait enlevé trois ans plus tard pour le donner à l'Église de Bordeaux '. Au mois de février 1836, sous le pontificat du pape Léon XII, il avait été élevé au cardinalat. Ses jours , remplis devant Dieu , s'étaient achevés au mois de juillet de la même année. M. Samuel Cooper, usé dans les travaux de sa vie de missionnaire, s'était retiré à Bordeaux, où l'avait amené son amitié pour M. de
f Voir la note 21 à la fin de ce volume.
Cheverus. Il avait vécu treize ans dans cette ville , de 1820 à 1833, n'ayant cessé qu'avec la mort de s'employer à la conversion et au salut d'un grand nombre d'âmes. M. du Bourg, redemandé par la France, en 1826, avait gouverné l'Église de Montauban, après M. de Cheverus, pendant sept années. Il n'avait paru que pour quelques mois, en 1833, sur le siège archiépiscopal de Besançon ; le temps seulement de laisser un profond souvenir et de vifs regrets à son nouveau diocèse. M. Brute , enfin , le plus jeune de ces admirables prêtres et de ces grands évêques, avait abrégé ses jours à évangéliser son troupeau demi -sauvage dans les déserts de Tlridiana. Fidèle littéralement à celte devise qu'il avait choisie : Spend anâbespent^ ce Donné et se donner tout entier » , il était mort à l'âge de cinquante-neuf ans, en 1839 '.
Le noble ami d'Elizabeth Seton , l'instrument de sa conversion , cet Antonio si cher, avait prolongé jusqu'en 1847 sa vieillesse, belle mais attristée. Agé de quatre-vingt-trois ans, il s'était endormi de la mort des justes, à Livourne, entouré des plus tendres soins de la piété filiale-. Amabilia était morte douze ans avant lui, en 1835, le laissant pour les années qui lui restaient encore en d'inexprimables regrets. Jamais il ne voulut quitter le deuil qu'il avait pris d'elle.
Cette douleur de survivre à ce qu'on a aimé le plus , c'était ce qu'Amabilia avait surtout redouté , en avançant dans la vie. Il plut à Dieu de l'en préserver. La maladie qui l'enleva la surprit dans une apparente
1 Voir les notes 22 et 23 à la fin de ce volume.
2 Voir la note 24 à la fin de ce volume.