NOTICES
SUR QUELQUES-UNS DES MJSSIONNAIRES ET DES PREMIERS ÉVÊQUES DES ÉTATS-UNIS, A PARTIR DE l'aNNÉE 1788.
Les dates et les. faits qu'on a indiqués dans ces Notices sont puisés à diverses sources, dont les principales sont : les lettres publiées dans les Annales de l'Association de la propagation de la foi, de 1822 à 1830 j
— VAmi de la religion et du Roi; — la collection des Précis historiqnes..., par Ed. Terwecoren, de la Compagnie de Jésus; — Notices historiques sur quelques membres de la Société des Pères du Sacré-Cœur et de la Compagnie de Jésus, pav le P. Acliille Guidée; — Collection lowards illustraling the biographg of thc scotch , english and irish members ofthe Society of Jésus , by the Rev. D^ Oliver, St-Nicliolas priory,
Exeter. — Skelches of the life of the venj liev. Félix de Andreis
with a sketch of the progress of the catholic religion in the U. S. — Baltimore, 18G1. — A Brief Sketch of the histonj ofthe catholic Church on the island of New-York, by the Rev. J. R. Bayley — actually bishop of Newark — .
Félix de Andreis, né en 1778, à Démonte, province de Cuneo, en Piémont. Prêtre de la Congrégation de la Mission , — lazariste.
— Professeur de théologie dans la maison de Monle-CiLorio, appartenant à son ordre à Rome, remarqué par son éloquence, sa science et sa piété, — on l'avait appelé, tout jeune qu'il était encore, un autre Jean Clirysostome , — il obtint la permission de se dévouer aux missions dans les sauvages contrées du Missouri.
C'était au moment où M. du Bourg cherchait à Rome des auxiliaires pour l'aider dans sa tâche immense. La plus belle des conquêtes que fit alors le pieux évèque fut celle de Félix de Andreis et celle de Joseph Rosati. Tous les deux ont été les apôtres du
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Missouri. Tous les doux ont été, après M. du Bourg, les fondateurs du séminaire de Sainte-Marie des Barrens ', la première maison que leur congrégation ait eue à la Louisiane. Andreis mourut à Saint-Louis du Missouri, en 1820.
N. Aquaiioni, l'un des prêtres de la Congrégation de la Mission qui renoncèrent à l'Italie leur patrie, et qui se joignirent, en 1816, à Félix de Andreis pour venir en aide à M. du Bourg, Deux prêtres séculiers , natifs des environs de Gènes , N. Cak- RETTi et André Ferrari, quatre jeunes séminaristes et le Frère Blanca, de la Congrégation de la Mission, s'offrirent à l'évèque de la Louisiane en même temps que N. Aquaroni, Rosati et Andreis. N. Aquaioni apporta la parole de l'Évangile parmi les tribus indiennes des contins du Missouri, chez les Sioux, etc.
Étienne-Théodore Badin, né à Orléans en 1768 , n'étant encore que diacre , faisait partie de la petite colonie envoyée en Amérique sous la conduite de M. Nagot. Il fut ordonné prêtre à Baltimore le 25 mai 1793. Il est le premier prêtre catholique qui ait été ordonné aux États-Unis. Ce fut M. de Carroll qui lui imposa les mains, et qui aussitôt après le chargea de la mission du Kentucky. Véritable fondateur de cette Mission, et apôtre de toute la contrée, M. Badin devint, en 1810 , vicaire général de xM. Flaget, dont le diocèse embrassait six États : le Kentucky, le Tenessee, rOhio, le Michigan, l'Indiana et les Illinois.
Le même navire qui , parti de Saint-Malo en 1791 , transporta en Amériqiio M. Nagot avec les auxiliaires qui l'accompagnaient , avait à son bord M. de Cliatsaiibriaiul, alors âgé de vingt-deux ans, Théodore Badin était un de ces jeunes « séminaristes » sulpiciens dont l'auteur du Génie du Chrhtianhme a écrit : « Ces compagnons de \oyage m'auraient mieux convenu quatre ans plus tôt : de chrétien zélé que j'avais été, j'étais devenu un esprit fort, c'est-à-dire un esprit faible. » — Voir les Mémoires (V outre tombe.
Antoine Blanc, missionnaire du diocèse de Lyon, un de ceux
I Dans Perry-Coiinty. — Missouri — à 15 milles de Sainte-Geneviève.
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qui accompagnèrent M. du Bourg à son arrivée à la Louisiane en 1817. Il porta la parole de Dieu dans l'Indiana: puis chez les Natchez au bord du Mississipi. Dans l'année 18:22, il eut la joie de se voir rejoindre par son frère, Jean-Baptiste Blanc, qui venait prendre part à ses travaux apostoliques. La mission de Nakitoches, dans la haute Louisiane, sur les confins du Mexique, a eu J.-B. Blanc pour fondateur.
En 1833, après la mort de N. de Nekere. Antoine Blanc fut élevé au siège épiscopal de la Nouvelle -Orléans. Il mourut en 18H().
N. Chabrat, du diocèse de Saint-Flour, et François -Vincent Baiiin 1, du diocèse d'Orléans; tous les deux, n'étant encore que diacres, quittèrent la France en 1810, pour prendre part aux travaux de M. Flaget; ils l'accompagnèrent dans son diocèse du Kentucky, où ils furent ordonnés prêtres. M. Chabrat devint , en 1835 , coadjuteur de son évèque. M. Badin fut envoyé dans la mission du Michigan, auprès de M. Gabriel Richard, à qui il ferma les yeux en 1832. Les sauvages tribus qui virent le plus souvent parmi elles ce zélé missionnaire, furent celles des Algonquins, des Ottawas, des Sioux, des Hurons, etc.
En 18^7, M. Chabrat, menacé d'une cécité complète, fut obligé de renoncer à ses fonctions de coadjuteur de Bardstown; il revint en France, où il acheva ses jours. Son successeur comme coadjuteur, et ensuite comme évèque du diocèse , fut M. Spalding, né dans le Kentucky; qui, à l'époque où M. Flaget avait pris possession du siège épisco[)al de Bardstown . était âgé de un an.
N. CiQUARD, de la Compagnie de Saint-Sulpice , fut envoyé eu Amérique par M. Emery, en 1792. Son apostolat s'exerça sur les contins de la Nouvelle-Angleterre, dans l'État du Maine et dans le Nouseau-Brunswick, parmi les pieux enfants de la tribu des Abénakis, si célèbres par leur foi, et par les maux qu'ils endurèrent pour leur foi, sous la domination anglaise. M. Ciquard mourut à Montréal, en 1824. Après lui, ce fut M. de Cheverus qui eut le soin de sa mission.
i François- Vincent Badin était frère de Tlieodoie Badii», l'apôtre du Kentucky.
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Jean-Antoink Elet, de la Compagnie de Jésus, né dans la province d'Anvers en 180*2. A Tàge de dix-neuians, il prit la courageuse résolution de quitter sa patrie pour se consacrer aux missions dans l'Amérique du Nord. Il a été l'un des fondateurs du collège (le Saint-Louis du Missouri, et de l'école libre de Cincinnati dans ruiiio, d'où il l'ut envoyé à Louisviilc dans le K.entucky. C'est là qu'il mourut, en 1850, ayant vécu dans les missions de l'Ouest près de quarante années. Un de ses frères, Charles-Louis Elet, de la Compagnie de Jésus comme lui, était venu prendre part à ses travaux dans l'année 18i8. 11 eut la douleur de le perdre, — âgé seulement de trente-sept ans, — un an à peine après son arrivée dans le Kentucky.
John England, missionnaire irlandais, premier évèque de Cliarlestown , fondateui; de la mission des deux Carolines et de la Géorgie. En 1820, à son arrivée dans la Caroline du Sud , il ne trouva qu'une seule église et deux prêtres. La Géorgie ne possédait alors que trois églises et un seul prêtre. La Caroline du Nord n'avait ni prêtre ni église.
Benoît Fenwick:, de la Compagnie de Jésus, né en 1782 dans le Maryland, d'une ancienne famille catholique. Il fut élevé au collège des Jésuites à Georgetown i avec deux de ses frères, qui entrèrent dans la Compagnie de Jésus ainsi que lui. En 1824, un ordre du pape Léon XII l'enleva à la présidence du collège de Georgetown, pour le placer sur le siège épiscopal de Boston, où il succéda à M. de Cheverus. Les Sauvages de Penobscot et de Passamoquoddy ont vu souvent l'infatigable évèque traversant à pied des plaines immenses, gravissant des montagnes, ramant sur les lacs et les rivières, couchant la nuit dans les bois, pour porter des secours aux brebis dispersées de son troupeau, et pour jeter les fondements de nouvelles églises. M. Fenwick mourut à Boston, en 1847.
Edouabd Fenwick, religieux dominicain, né en 1766, au Ma-
» Georgetown, n'est séparé de la ville fédérale Washington, que par un ruisseau. La distance de ce collège au Capitole, où s'assemble le Congrès, est à peine de deux milles et demi.
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ryland, d'une famille (Torigiae anglaise. Envoyé en Europe pour son éducation , et placé au collège de Bornheim , — près d'Anvers, — que dirigeaient des Dominicains anglais, il s'attacha à ces religieux et prit l'habit de leur ordre. Lors de l'invasion des Pays-Bas par les troupes de la république française, Bornheim eut tout à soufTrir. Le P. Fenwick, échappé à mille dangers, se réfugia en Angleterre. Ce fut de là que, en 1804, il se rendit en Amérique, pressé du désir d'étendre le royaume de Dieu en son pays natal. M. Carroll l'envoya dans le Kentucky en 1806. Il y fonda de son patrimoine le couvent de Sainte- Rose, près Springfield, à li2 milles de Bardstown, où la plupart des Dominicains anglais de Bornheim : les PP. Wilson, Tcite, etc., le rejoignirent. Quelques années plus tard, une bulle arrivée de Rome institua le P. Fenwick provincial de l'Ordre pour toute l'Amérique du Nord; mais il ne put se résoudre à accepter cette dignité; il obtint qu'elle fût remise au P. Wilson. En 1810, il commença à parcourir les forêts de l'Ohio , menant la vie de missionnaire ; ce qui lui a mérité le nom d'apôtre de l'Ohio. Cincinnati ayant été érigé en évèché en 1823, il en fut nommé évéque. En 1835 , comme il visitait la partie de son diocèse qui avoisine le lac Supérieur, il assista des malades atteints du choléra, prit le germe de la maladie, et succomba en quelques heures.
André Ferrari, prêtre, né en 1791 , h Port-Maurice , État de Gènes , mourut en 1821 , « à Louisville , près des chutes de l'Ohio, d'une maladie épidémique qu'il avait contractée en servant les malades le jour et la nuit. Sa vie avait été édifiante, et sa mort fut celle d'un saint. Vivre pour procurer la gloire de Dieu , ou mourir pour faire sa sainte \olonté, était son unique désir.» Lettre de M. du Bourg, 15 novembre 1821.
DiMiTRi GALitziN, — prince Galitzin, — né en Russie de parents catholiques. Venu en Amérique vers l'année 1793 , sans autre intention que celle de \oyager, il entra au séminaire de Baltimore, nouvellement ouvert par les Sulpiciens, et s'agrégea à leur compagnie du consentement de M. Carroll, qui lui lit faire néanmoins , avant son ordination à la prêtrise , une promesse particulière d'obéissance, en vertu de laquelle il le tint constam-
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iiKMit appliqué au saint ministère. Il mourut, en 1840, en odeur de sainteté, après avoir formé à la religion et à la civilisation des populations entières de Sauvages, et s'être acciuis par ses écrits la renommée de l'apologiste le plus populaire du catholicisme aux États-Unis. Peu de livres ont été aussi répandus en Amérique et y ont produit autant d'effet que sa Défense du catholicisme. Loretlo , dans le comté de Cambria , sur le sommet des monts AUeghanys, dans l'état de Pennsylvanie, a été pendant quarante années le centre de la mission de ce dévoué serviteur de Dieu.
Les premiers renseignements envoyés en France sur la mission de Pennsylvanie furent donnés, en 1834, à l'association de la Propagation de la foi, par M. François-Patrick Kenrick, missionnaire irlandais, coadjuleur de M. Comwell, évèque de Philadelphie. Dans le diocèse de la Pennsylvanie, qui comprenait, outre l'État de ce nom, le Delaware et la partie occidentale du New- Jersey, on comptait qu'il y avait à cette époque cinquantequatre missions ou paroisses, visitées par trente-sept prêtres missionnaires : vingt et un Irlandais , quatre Français , trois Américains, trois Allemands, deux Belges, un Anglais^ un Russe , un Livonien , un Portugais. Ils étaient bien, en vérité , les prêtres de l'Église une et universelle , ces missionnaires envoyés sur un seul point, par des nations si diverses, pour y propager la foi.
Antoine Gar.mer, né en 1761 , à Villiers , au diocèse de la Rochelle, prêtre de la Compagnie de Saint-Sulpice, professeur de théologie au séminaire de Saint-Irénée de Lyon, fut un de ceux de la Compagnie que M. Emery envoya à M. Carroll pour la fondation du séminaire à Baltimore. Pendant douze ans, à partir de l'année 1791 , il exerça les fonctions de directeur et de professeur dans le séminaire ; et depuis l'année 1795, son dévouement sacerdotal lui fit accepter encore la charge de curé de la pai-oisse de Saint-Patrick. En 1803 , M. Emery exprima le désir qu'il revînt t\\ France. Il obéit. Mais il s'était tellement attaché à l'Amérique par le bien qu'il y faisait , que quitter ce pays et répondre au désir de sou supérieur était, comme il le disait souvent depuis, le plus grand sacrifice qu'on put lui demander.