CECIL1A SETON A ELIZABETH
« Tout est calme en ce moment. Point de questions sur la foi. Mais, ce qui est le pire, c'est le monde. Les regards sont fixés sur moi comme si j'étais une vraie curiosité. Je serais un objet monté pour figurer à une exposition, que je ne leur semblerais pas plus extraordinaire. Vous savez qu'il n'est pas bien malaisé de me faire monter le rouge au visage. Je pense à vous aux heures de prière. Dites pour moi quelques Ave Maria. »
« Tant de choses m'ont été dites , vraiment
pénibles, car elles avaient trait à l'objet le plus cher à mon cœur. La blessure est encore là. J'ai offert toutes mes peines en union avec sa chère croix. J'ai confiance que cette croix qui maintenant me paraît si lourde, et que je porte avec tant de répugnance, me conduira plus tard à l'éternel repos. Cette pensée devrait réjouir l'âme tremblante. Elle y réussit quelquefois ; mais l'âme, bientôt après, retombe dans le même accablement. Il y a là quelque chose qu'on ne saurait exprimer; mais, sans doute, vous en avez fait l'expérience. »
« Quel après-midi! du monde tout le temps ! Je commence à m'accoutumer à la froideur avec laquelle je suis traitée, et j'ai confiance qu'à mon prochain retour de Varche de la paix, je serai plus humble. La nature se débat d'abord; mais son cher amour triomphe à la fin. »
ELIZABETH A ANTONIO FILICCHI
16 janvier 1806.
« En ce funeste temps d'embargo , c'est un grand bonheur pour moi qu'une occasion qui me permet de vous adresser quelques mots de cette tendre affection qui , loin de diminuer