‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 119 sur 226 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

jamais disparaître en aucun pays, le respect de la loi , si puissant chez le peuple américain , la défendit suffisamment du jour où la loi lui eut garanti son existence. Les conquêtes qu'elle a faites proclament l'indépendance dont elle a joui. De l'aveu même des protestants, témoins de ses progrès réguliers et continus, les deux tiers de la population des États-Unis seront catholiques avant la fin de notre dix-neuvième siècle.

Quant à l'œuvre d'Elizabeth Seton, si nul mauvais vouloir ne la contraria , elle n'en eut pas moins à subir de redoutables épreuves. Toutes lui arrivèrent des circonstances extérieures. Après un répit qui dura deux ans , la pauvreté vint de nouveau fondre sur elle, — c'est la parole de l'Écriture sainte , — comme un homme armé\ La vie fut dure et difficile dans la maison de Saint-Joseph à partir de l'année 1812 jusqu'à la paix de 1815.

Pendant cet intervalle, une guerre furieuse, engagée avec l'Angleterre, désola les États- Unis. Le congrès en fit la déclaration le 19 juin 1812. Malgré l'horreur qu'a toujours éprouvée le peuple américain pour les calamités que la guerre entraîne après elle , cette déclaration fut acclamée dans tout le pays,

1 Pauperies quasi vir armalus. Prov. vi.

tant on avait souffert des outrages de l'Angleterre. En effet, sous prétexte de reprendre à bord des navires américains les matelots anglais qui s'y pouvaient trouver, les marins anglais exerçaient en réalité sur ces navires, qu'ils s'arrogeaient le droit de visiter, ce qu'on appelle la press en Angleterre. Attribuant leur propre nationalité à qui leur convenait, ils enlevaient par centaines les libres citoyens de l'Union, enrôlaient dans leur marine des équipages entiers, et forçaient ces nouveaux captifs à combattre sous le pavillon britannique, devenu odieux pour eux. On estimait jusqu'à sept mille le nombre des citoyens américains victimes de ces violences au moment où la guerre éclata.

Pour une jeune nation, dont la prospérité tenait surtout à l'extension de sa marine et à l'importance de ses relations commerciales ; pour une industrie à peine naissante, qui importait encore presque tous les objets manufacturés, même de première nécessité, la guerre devait être accompagnée d'incalculables sacrifices. Toutes les classes de la population se ressentirent de renchérissement subit des denrées, de la rareté des subsistances, et du manque absolu de beaucoup d'objets que l'habitude avait rendus indispensables. Les conditions de la vie, devenues très difficiles, le

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