‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 120 sur 226 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

furent surtout dans les endroits éloignés des grands centres. La gêne qu'on avait connue à Emmettsburg dans les commencements y reparut avec la guerre. Elle y fut accueillie avec la même patience, disons mieux, avec la même avidité de souffrir. Loin de se plaindre, on se félicita lorsqu'on se vit dans la nécessité d'observer plus étroitement les conseils évangéliques. Les servantes des pauvres n'avaient point embrassé leur sainte vocation pour ne pas sacrifier de bon cœur jusqu'à la dernière apparence des bien-être de la vie.

La guerre sévissait toujours avec une extrême rigueur, lorsque, dans l'été de l'année 1814, la communauté fut appelée à étendre sa charité en dehors de ses limites restreintes. Quelques-unes des filles de la mère Seton lui furent demandées pour recevoir la direction d'un asile d'orphelins et d'orphelines dans la ville de Philadelphie. Une association charitable entretenait cet établissement, fondé en 1799, à la suite d'une invasion de la fièvre jaune, afin de recueillir une centaine de petits abandonnés , privés de leurs parents par la mort. On avait loué pour les loger une maison contiguë à l'église de la Trinité. Une femme âgée, aidée de quelques filles de peine, prenait soin d'eux. Cet asile avait pour administrateurs les trus-

242 EL1ZABETH SETON

teesx de l'église de la Trinité, et pour protecteur zélé, dévoué au milieu de difficultés très grandes, M. Michaël Hurley, le pasteur de l'église de Saint-Augustin. Nous n'avons pas oublié M. Hurley, qui, naguère attaché à la mission de New- York, avait instruit et dirigé Cecilia Seton au moment de sa conversion , et qui, plus tard, avait obtenu toute la confiance d'Elizabeth.

L'organisation peu satisfaisante d'une maison dont il s'occupait avec beaucoup d'intérêt, était depuis longtemps un sujet de malaise pour lui. Les trustées de la Trinité s'en montraient mécontents eux-mêmes. Dans une réunion tenue à ce sujet, M. Hurley suggéra l'idée de recourir à la direction des Sœurs de la Gha-

i Trustées, du mot trust, confiance. Les trustées des paroisses en Amérique sont les mandataires des paroissiens, que ceux-ci choisissent à Pélection, pour leur confier le soin de toutes les affaires paroissiales : administration des biens, emploi des revenus, etc. etc. Aux Etats-Unis, la loi donne le droit de possession à toute agrégation, société, diocèse ou paroisse, du moment qu'elle lui a accordé ce qu'on appelle la personnalité légale. Bien que ce droit soit réglé, dans presque tous les États, par le principe de la limitation fixe, il permet cependant aux paroisses et aux congrégations de posséder des biens très considérables : ainsi, les biens- fonds du diocèse de New-York, estimés il y a peu d'années à la valeur de 50 millions de dollars , — 250 millions de francs.

Page 1