‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 141 sur 226 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

vêque, de Tannée 1790. Dans l'unité de sa longue vie, vouée tout entière au service de Dieu , nous aurions à signaler plusieurs actes mémorables. Nous n'en rappellerons qu'un seul. Si nous essayions d'en dire davantage, il nous faudrait un livre à part.

C'était en 1787. Les délégués des divers États qui composaient l'Union américaine venaient de s'assembler à Philadelphie, pour reviser la constitution fédérale1. Cette assemblée politique , appelée à délibérer sur les plus grands intérêts, était éclatante par les lumières, petite par le nombre. Les membres qui la composaient, presque tous appartenaient à la classe supérieure, presque tous avaient pris part au gouvernement de leur pays. Les plus obscurs parmi eux dirigeaient les affaires dans leurs États. Ils avaient choisi pour les présider Washington. Leurs débats devaient demeurer secrets. C'est de ces législateurs que les catholiques attendaient la liberté religieuse. Ils s'étaient unis à leurs concitoyens, dans la lutte qui venait de finir, pour réclamer l'indépendance de la patrie; eux aussi , ils avaient versé leur sang et risqué leurs biens 2. Forts de ces

1 Voir Plntroduction, p. 42.

2 Une remarque qui a frappé les Américains, c'est que parmi les 56 notables citoyens qui signèrent la déclaration d'indépendance, celui qui possédait les plus

souvenirs , ils entendaient maintenant user de leur influence pour faire donner à la foi fondamentale des États-Unis telle forme et tel esprit qui les mettraient en possession du droit de leur conscience. Pour atteindre un si noble but, ils firent appel aux plus considérables et aux plus capables d'entre eux; et d'un commun accord, ils demandèrent à John Garroll de rédiger un mémoire pour faire valoir devant le congrès la justice de leur cause. Ce mémoire, fruit des veilles d'un grand et sage esprit , fut présenté au congrès par Washington, qui l'appuya, ainsi que Franklin, avec une vivacité égale à celle des deux catholiques Charles Carroll et Thomas Fitz-Simmons, délégués, l'un, de l'État du Maryland; l'autre, de l'État de Pennsylvanie. Quelques semaines plus tard, le congrès votait le célèbre amendement par lequel les États-Unis ont fondé leur liberté religieuse r.

grands biens, et qui, par conséquent, risquait le plus, était le catholique Charles Carroll de Carrollton. Voir Miscellanea, Introductory Address, by M. J. Spalding, Bishop of Louisville. — Louisville, 1858.

1 Quelques hommes d'État, des plus éminents, apportèrent à John Carroll le tribut de leur expérience et de leurs lumières, lorsqu'il rédigea son mémoire pour le congrès : c'était Charles Carroll de Carrollton et Samuel Chase, — tous les deux siguataires de la déclaration

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