‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 162 sur 226 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Cette héroïque résignation ne fut pas la surexcitation d'un moment. Le cœur d'Elizabeth, abîmé dans la douleur, mais accoutumé à se soumettre avec adoration à la volonté de Dieu, se soutint à la hauteur où l'avait trouvée son épreuve. Écoutons -la, lorsqu'elle écrit à son fils William ; et lorsqu'elle vient parler de Rebecca à celle de ses intimes amies qu'une même foi a plus étroitement rapprochée d'elle '. « Vous seule pourrez comprendre les transports, l'allégresse vraiment triomphante de son âme, au moment où elle reçut les derniers sacrements, et les tendres espérances qu'elle mettait en la vertu du divin sacrifice de l'autel. Non, il ne m'est pas possible de vous donner une idée de la paix, de la suavité, de la force et de la piété de cette belle âme. Toutes ces vertus se reflétaient sur son visage, et y brillaient d'un si pur éclat, que d'une enfant d'assez bon air, comme vous avez pu le remarquer lorsque vous l'avez vue la dernière fois , elle était devenue une véritable beauté; et cela jusque dans la mort. Le cœur en haut, le cœur en haut! très chère amie. Point de tristes et vains regrets. Regardez -la où elle est aujourd'hui; cela imposera silence à tout. »

* Mme Georges Duplex.

La lettre qu'elle adressa à son fils est d'un accent non moins sublime. Seulement la force lui manqua pour écrire aussitôt après la mort de son enfant ; elle attendit vingt jours plus tard.

21 novembre 1816.

<( Mon William, cher enfant de mon âme, oh ! que ne donnerais-je pas pour me trouver auprès de vous à ce moment où vous allez apprendre la douloureuse nouvelle à laquelle vous ont préparé toutes mes dernières lettres? Il est des moments, mon fils, où notre soumission envers Dieu doit triompher des sentiments les plus tendres, les plus profonds de la nature. C'est là ce qui vous est demandé maintenant, mon bien-aimé; car, s'il vous avait été donné de voir notre Rebecca monter au ciel, sous la forme d'un ange, vous ne pourriez être plus certain qu'elle est avec Dieu, que vous n'en serez certain par la foi, lorsque vous aurez appris de quelle sainte mort nous avons été les témoins.

« C'eût été de notre part un souhait égoïste , oui égoïste, de désirer prolonger ses souffrances et ajourner son assuré bonheur, pour nous conserver plus longtemps la douce possession de cette chère créature. Et pourtant,

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