‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 166 sur 226 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

mille. Notre œuvre se poursuit avec une bénédiction, un succès, qui sont l'ouvrage de Dieu seul, et qui seront un sujet de grande satisfaction pour vous , qui aimez et chérissez la religion si véritablement.

« Je ne sais rien des intentions qui amènent M. Cooper dans votre heureux pays. Je sais seulament combien il est respecté par tous ceux qui aiment Notre-Seigneur en ce pays-ci. »

Elizabeth Seton , récompensée de son zèle et de sa ferveur par le développement de son œuvre, se voyait également bénie dans les trois enfants qui lui restaient. Sa fille, unique maintenant, sa Catherine- Joséphine, se montrait à tous les égards ce qu'avaient été ses sœurs. — C'est à peine si nous oserons la laisser entrevoir dans ce récit. Elle vit encore aujourd'hui, cachée aux regards du monde. Des trois filles qu'avait eues Elizabeth Seton , elle seule , oubliée par la mort, a pu suivre jusqu'au bout les traces de sa mère, et servir Dieu dans ses pauvres , sous l'habit religieux.

De son côté , le jeune William Seton se maintenait tel que sa pieuse mère le pouvait souhaiter. Il était encore, mais pour peu de temps, en Italie, auprès d'Antonio Filicchi. Sa bonne conduite , sa déférence pour le noble ami de sa famille, — son second père, — ne s'étaient

pas démenties un seul jour, bien que ses aspirations vers une vie plus active n'eussent rien perdu de leur première vivacité.

Loin d'être attiré vers les intérêts et les occupations du haut négoce, il persistait à vouloir entrer dans la marine de son pays. C'était un chagrin pour Elizabeth , le seul chagrin que lui eût jamais donné son fils. Toutefois, la répugnance qu'elle avait eue de tout temps à le voir embrasser la noble carrière qu'il voulait suivre se trouvait moins justifiée.

William , plus avancé dans la vie, s'éloignait de l'âge où les impressions de l'enfance s'effacent avec facilité. Il allait avoir vingt et un ans. Sa foi s'était affermie. Après l'éducation d'Emmettsburg, les exemples de piété et d'honneur chrétien donnés par les Filicchi , avaient mis en lui une forte empreinte. Les craintes d'Elizabeth, sans être disparues, trouvaient du moins à se rassurer. Elle les exprima pour la dernière fois , au moment où William annonça son prochain retour aux États-Unis.

« Je vois, mon enfant, lui dit-elle, que l'honneur et l'amour filial, triomphant du penchant de la jeunesse et de la nature, vous ont longtemps maintenu dans une situation qui n'était pas celle que vous eussiez choisie; aussi, je me sens bien reconnaissante à notre Dieu et à vous, puisque maintenant j'ai atteint le prin-

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