‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 17 sur 226 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

voyez ! il a résolu de ne se soumettre ni à l'un ni à l'autre tyran. Mais l'inconnu suspendu sur nous est rempli de terreur I D'après ce que j'entends dire de ce fléau, je ne serais pas surprise s'il se faisait jour jusqu'à nous, détruisait nos sanctuaires, et venait offrir à plusieurs l'occasion d'un glorieux martyre. Cette crainte, je l'ai entendu exprimer par quelquesuns de nos premiers penseurs en politique... Mais le conseil d'en haut, seul, peut savoir... Cher Filicchi , combien je désirerais vous revoir!... Hélas! c'est ce que je ne dois pas attendre avant ce grand jour du jugement, où vous avez menacé de me citer. Je ne crains pas votre défi, maintenant, vous me trouverez défendue par de nombreux enfants! Mais j'oublie qu'ils sont vôtres aussi. Où serions-nous sans vous et sans noire Antonio, qui, certainement, a combattu un rude combat contre le mauvais esprit qui était en moi?

« Adieu. Dites, je vous en prie, toutes les tendresses de mon cœur à votre chère Maria. Votre Annina se souvient de vous avec une grande affection. Elle est une ravissante et bien aimable jeune fille, et vraiment excellente. Nous prions pour vous continuellement. »

Un matin , Elizabeth se trouvait à la chapelle du séminaire de Sainte-Marie. Elle avait corn-

munie à la messe, et elle était demeurée longtemps en actions de grâces. Parmi bien des demandes qu'elle avait adressées à Dieu, la plus fervente avait été pour que sa grâce lui accordât de le servir, lui-même, un jour, en la personne des enfants pauvres. La soif qu'elle avait d'exercer la charité en s'employant au service du prochain, pour le seul amour de Dieu , n'avait point encore trouvé à se satisfaire. A côté des enfants des familles riches pour lesquelles elle se prodiguait , il lui fallait des enfants pauvres. C'était à eux d'ailleurs que le premier rang avait toujours été réservé dans la pensée des prêtres Sulpiciens, lorsqu'ils avaient formé le projet de fonder à Baltimore une école catholique, confiée à la direction d'une communauté religieuse.

Tandis qu'Elizabeth épanchait devant Dieu l'effusion de ses désirs , à quelques pas plus loin, vint s'agenouiller un nouveau converti, naguère protestant, M. Cooper, qu'elle connaissait de réputation seulement, pour avoir entendu dire qu'il était fort charitable et qu'il possédait une belle fortune. « Ah ! se dit- elle involontairement , en priant à la fois et se parlant à elle-même, très cher Sauveur, quelle grâce j'obtiendrais de votre bonté si vous vouliez seulement me confier le soin des pauvres petits enfants ! Voilà M. Cooper qui est là , de-

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