‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 171 sur 226 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Arrivé heureusement dans le port d'Annapolis, notre évêque missionnaire se dirigea vers Baltimore ; et de là , sans prendre de repos, vers Saint-Louis du Missouri, qu'il avait choisi pour sa résidence provisoire. La Nouvelle-Orléans avait été sa résidence autrefois; mais il y renonçait momentanément, se confiant en l'action du temps pour faire disparaître un esprit d'indépendance, et même d'hostilité , qu'il avait rencontré auprès de son clergé, tout espagnol d'affection, mécontent de l'annexion avec les États-Unis , et « prévenu contre tout ce qui lui venait du Nord, même un évêque ».

Pour se rendre de Baltimore à Saint -Louis par le chemin que M. du Bourg comptait suivre, il n'y avait pas moins de cinq à six cents milles à franchir. Il résolut de faire ce trajet moitié en bateau , moitié à pied , après qu'il eut reconnu , aux dépens de sa vie, le danger de voyager en voiture par des chemins impraticables. Le bâton à la main , comme un pèlerin et comme un pasteur, il cheminait accompagné de ses fidèles missionnaires, puisant ses forces dans l'énergie de sa volonté. Il n'était pas naturellement d'une santé très robuste. On traversa le Maryland, et l'on entra dans la Pennsylvanie. Aux approches de Pittsburg, l'évêque avait les pieds ensanglantés et paraissait épuisé de

fatigue. Ses compagnons, alarmés de le voir ainsi, prirent les devants sur lui, et se procurèrent un cheval, qu'ils lui amenèrent. Il refusa de s'en servir. « C'est au capitaine, ditil, à donner l'exemple à ses soldats; il ne lui est pas permis de se laisser vaincre en courage. »

A Pittsburg, on acheta un bateau et l'on se prépara à descendre le cours de l'Ohio jusqu'à la ville de Louisville. La navigation offre des périls sur ce beau fleuve, à cause des bancs de sable et des îlots dont son lit est parsemé; les missionnaires cependant n'eurent d'aulres pilotes qu'eux-mêmes. Quand son tour était arrivé, l'évêque faisait son quart, aussi bien que le dernier de ses prêtres.

Louisville est située à une petite distance de Bardstown. On ne s'y arrêta guère que le temps de demander quel chemin conduisait à cette dernière ville. M. Flaget et M. du Bourg tombèrent dans les bras l'un de l'autre, en versant des larmes d'attendrissement, lorsqu'ils se retrouvèrent. Ils s'étaient séparés , huit ans auparavant, persuadés qu'ils ne se reverraient jamais en ce monde.

Afin de prolonger pendant quelques jours la sainte joie que les deux amis avaient de se revoir, il fut convenu que l'évêque de Bardstown accompagnerait l'évêque de la Louisiane jus-

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