‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 172 sur 226 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

qu'à Saint-Louis, ils y arrivèrent le 6 janvier 1818. Tout le peuple de la ville, catholiques et protestants, se pressait autour de l'évêque, qui marcha droit à l'église, et fit entendre sa parole à son troupeau.

Saint-Louis, fondé en 1764 par les Français, comptait cinq à six mille âmes, catholiques pour la plupart. Le pays environnant était peuplé de catholiques, descendants des Français, possesseurs de la Louisiane et des Canadiens émigrés. La ville, magasin général du commerce avec les Indiens de l'Ouest, située sur les bords d'un fleuve magnifique, au centre d'une contrée fertile , était promise à un avenir brillant. Mais le présent offrait peu de ressources. Au point de vue des établissements religieux, tout était encore à créer. Grâce au zèle de M. du Bourg , en moins de huit années , une vaste cathédrale, un séminaire, — Sainte- Marie des Barrens, — une maison d'école, — plus tard le collège des Jésuites , — la maison des frères de la Doctrine chrétienne, à Sainte- Geneviève, la maison des Dames du Sacré- Cœur et celle des Jésuites, à Florissant, sortirent du sol du Missouri comme par miracle.

Ce qui est vraiment touchant, ce qui fait naître l'admiration, c'est que, tandis qu'il bâtissait cathédrale, églises, séminaire, collèges, etc., et qu'il nourrissait chaque jour

autour de lui plus de cinquante personnes : prêtres, séminaristes, auxiliaires de ses travaux à divers titres, l'évêque missionnaire vivait lui-même dans un dénuement qui fait penser à ce qu'on rapporte de la vie des anachorètes. La pauvreté de sa demeure répondait à l'insuffisance de sa table. Un jour, en 1820, un de ses amis de la Nouvelle-Orléans eut l'idée de lui envoyer un lit un peu élégant pour remplacer le petit cadre en bois de sapin dont il se contentait. Voici un passage de la lettre que l'évêque lui écrivit, en lui adressant à l'avance ses remerciements :

« Mon palais est trop petit et trop pauvre pour admettre un pareil ornement. Vous me permettrez donc , mon cher, de le convertir en quelque chose d'une utilité plus immédiate. C'est du pain qu'il me faut, pour moi et pour mon monde. Tout est ici exorbitamment cher; et je n'ose pas me donner le moindre petit meuble. Croyez-vous que nous sommes obligés de nous emprunter mutuellement une table à écrire? Mais cela ne prend rien sur ma bonne humeur. Au contraire, j'éprouve la vérité du proverbe : « La bourse plate rend le cœur léger. »

La partie sud de l'immense diocèse de M. du Bourg, la basse Louisiane, était aussi l'objet de sa sollicitude. Il y avait envoyé , dès les com-

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