‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 176 sur 226 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

brise avant votre retour, et la pensée que ma mort vous désolerait. Ne devrais-je pas plutôt vous dire: « Mon fils, persévérez comme vous avez commencé. Notre mutuel amour ne suffit pas pour vous établir en ce monde, pour vous donner l'indépendance et une situation. » — Ah ! il y aurait tant de choses que votre mère devrait vous dire ; mais elle est hors d'état de rien dire. Regardez en haut, fils bien-aimé de mon âme, levez les yeux vers les cieux si purs, vous y lirez ce que cette âme voudrait vous dire; et vous y lirez aussi ce que vous diraient les âmes de nos bien -aimées que nous avons vues partir. — Vos veilles de la nuit, j'y pense bien plus, pendant mes nuits, que je ne pense au sommeil ; et si vous saviez toutes les bénédictions que j'implore pour vous ! Mais c'est se permettre par trop de vous parler de mon pauvre cœur, mon cher bien-aimé.

« M. Harper1 m'écrit la plus excellente des lettres, qui en renferme une autre à votre Commodore, avec tant de belles promesses pour

i Robert Goodloe Harper, élu à l'assemblée des représentants en 1794; sénateur de l'état du Maryland en 1815. Il était gendre de l'illustre Charles Carroll de Carroll*ton. L'amitié de M. etMrae Harper pour Elizabeth Seton, et leur généreuse protection pour les œuvres qu'elle avait fondées, remontait à l'époque où elle était arrivée à Baltimore.

vous, mon chéri. Il parle aussi de l'amitié qu'il avait pour votre père. Oh! la bonté de notre Dieu , sa bonté en tout ! »

ELIZABETH SETON A SON FILS WILLIAM

5 avril 1818.

e Mon cher bien-aimé, maintenant dites-moi un peu, dites-moi, vous-même, ce qu'une mère peut dire à un méchant enfant comme vous? Vous m'aimez; mais jamais il ne vous arrivera de me dire le plus petit mot de ce qui m'est si cher à moi, votre chère personne. Ah! pauvre moi ! de ne pouvoir réussir à mettre cela dans vous ! Cette fois , c'est encore en vain , j'en suis persuadée, si je vous tourmente; autant vaudrait -il chercher à voir là- haut dans les nuages; ils m'en apprendraient autant sur vos chagrins, ou vos plaisirs, vos désirs et vos contentements de tous les jours, que ne m'en apprennent vos lettres. Vos lettres, qui me sont si follement chères, que je les porte sur mon cœur, que je les lis et relis, en pleurant sur elles à chaudes larmes. Je me suis demandé, bien des fois, comment ce cher être errant est-il pour moi tellement plus que tout en ce monde? Pourquoi toutes les cordes qui partent du cœur vont -elles s'enrouler ainsi

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