CHAPITRE XXIII
pour moi le lieu où nous puissions jouir de notre mutuel amour. N'ayez point de trouble pour ma santé. Quant au temps que j'ai encore à vivre , rien ne saurait être plus incertain. Le mal que je viens d'avoir, une inflammation à la poitrine, laisse une longue faiblesse; mais il n'y a là rien d'alarmant, mon cher amour, je vous l'assure , quant aux suites immédiates. Je puis vivre encore, pour saluer votre joyeux, heureux retour de plus d'une croisière. Andreuze n'est pas encore ici, mais il est attendu. Doyle est à la montagne; je ne l'ai pas vu. Le bon petit Michel seulement vient ici pour servir la messe ; il vous aime tant, que des larmes ont brillé dans ses yeux, lorsque je lui ai fait voir votre lettre avec ce mot de souvenir pour lui. Dans ma a retraite ombreuse » — le petit saule a poussé; il est si beau! — Que de soupirs, de soupirs pour vous ! Mais ils s'en vont là-haut ; là , où les soupirs, heureusement, ne sont pas en vain. Nous le verrons bien : toutes nos espérances sont là. Je vous parle trop rarement de la façon dont chacun ici se souvient de vous et vous regrette; plusieurs autour de moi unissent leur cœur au mien, et vous regrettent comme de vraies sœurs. Les lettres qui nous arrivent de tous ceux qui nous aiment sont remplies d'affectueuses demandes de vos nou-
velles. M. Dubois ne se lasse jamais lorsqu'il parle de vous. Sa santé est bien rétablie. William de mon âme, rappelez -vous toujours comme je vous aime. »
WILLIAM SETON A SA MERE
Boston, 21 juillet 1818.
« Ma bien chère mère, je vous aurais écrit plus tôt, mais nous avons eu notre temps bien rempli pour armer notre bâtiment. Maintenant, nous l'avons conduit en rivière, et nous sommes prêts à partir, n'attendant plus rien que nos poudres, dont nous prenons 160 barils; et aussi quelques menus objets que nous prendrons à bord dans le courant de la semaine prochaine, lorsque nous descendrons près du phare pour y attendre l'ordre du départ , que les officiers pensent recevoir d'ici deux ou trois semaines. Le Macedonian est une très belle frégate de cinquante canons du calibre de 48, plus complètement et magnifiquement installée qu'aucun vaisseau qui ait jamais fait voile de ce port, et peut-être d'aucun autre port du monde. Son état-major se compose de trente midshipmen et de huit lieutenants, tous capables et intelligents; notre capitaine, un bel homme, le même qui était premier lieutenant du capitaine Porter dans la croisière de