CHAPITRE XXIII
— qui a quitté l'Amérique l'été dernier avec sa femme, va passer l'hiver en Italie pour sa santé. Vous dire la bonté sans bornes de M. et de Mme Harper pour ma propre famille, aussi bien que pour notre communauté, serait impossible. Aussi pouvez-vous imaginer combien je désire que votre bien- aimée Amabilia fasse la connaissance d'une si élégante personne, appartenant à notre pays; et combien je voudrais que Mme Harper, de son côté, pût connaître une si douce et si charmante femme appartenant au vôtre. Certainement ils auront eu des lettres pour vous , qui recevez , je le sais , tous les Anglais qui visitent l'Italie.
« Votre révérend ami, M. Whitfield, était
mort avant lui ; ses deux filles , Mme Harper et Mme Caton, lui survécurent. C'est de la libéralité de Daniel- Charles Carroll de Carrollton que la Compagnie de Saint-Sulpice tient le manoir de Saint-Charles, dans lequel elle a établi son petit séminaire, près de Baltimore. Les noms des Carroll, des Harper et des Caton sont chers à l'Église des États-Unis. La munificence et la charité, héréditaire chez les Carroll, s'est exercée de nos jours non seulement aux États-Unis, mais en Angleterre. Trois petites -filles de Carroll de Carrollton, Mlles Caton, mariées, l'une au duc de Leeds; £autre, au marquis de Wellesley, frère aîné du premier duc de Wellington; une troisième, à lord Stafford, consacrent leurs grands biens à soutenir les œuvres catholiques dans leur paya d'adoption.
ici ces derniers temps avec notre saint archevêque1, qu'il accompagnait dans ses tournées pastorales. Nous avons été si heureuses de les voir! M. Whitfleld m'a dit votre souvenir, si bon, pour votre pauvre petite sœur américaine. Soyez béni, Antonio. Notre-Seigneur vous bénira, vous et les vôtres... Mon cher géant me dit que vous étiez tous en bonne santé ce mois de mai. Depuis, nous n'avons pas reçu de lettre de lui. M. Whitfield m'a promis que la lettre que voici irait par voie d'Angleterre; c'est pour la faire arriver plus tôt. Si pourtant elle attend le départ d'un vaisseau d'un de nos ports pour le vôtre, elle pourra attendre longtemps.
« Voulez-vous dire à mon Richard que nous allons tous bien, comme lorsque je lui ai écrit la dernière fois, il n'y a pas bien longtemps. Tout est en bonne voie ici, mon cher Antonio, pour notre religion. L'archevêque dit qu'il n'aurait jamais cru que le progrès de la vraie foi fût jamais moitié de ce qu'il est, s'il ne l'avait constaté dans la tournée qu'il vient de faire. Ce que je puis vous assurer, c'est que si j'avais une autre maison aussi grande que celle dans laquelle nous sommes, nous pourrions la remplir de Sœurs et d'enfants. Nous sommes obligés de refuser continuellement, faute de place.
1 M, Maréchal.