‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 183 sur 226 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

(( Mes plus tendres tendresses à votre Amamilia et à tous les vôtres. »

ELIZABETH SETON A ANTONIO FILICCHI

11 novembre 1818.

« Mon Antonio, toujours cher,

« Vous allez dire que votre sœur est bien, bien prodigue de ses lettres d'introduction. Mais celle-ci a du moins le bonheur de remettre dans votre sein ce que nous tenons de vous-même, — une amitié née aussi en Dieu , avec le meilleur des chrétiens et des gentlemen. — M. Vespre, qui vous apportera ceci, est un f * des plus distingués, qui, en toute rencontre qui s'est trouvée en son pouvoir, s'est montré un ami plein de bonté pour moi; aussi faut-il que vous me laissiez avoir le plaisir de vous le présenter, à vous et à votre aimable Amabilia. Il vous dira de quelle considération votre M. Whitfield jouit auprès de notre vénérable archevêque. Tous deux sont venus, cet été, faire la tournée du diocèse à travers nos montagnes du Maryland. Ils ont laissé joie et bénédiction au près et au loin.

1 f était un signe convenu mis à la place du nom de Jésuite.

« Le saint évêque Cheverus est dans une désolation extrême de la mort de M. Matignon, qui avait exercé le saint ministère avec lui pendant vingt-cinq ans en Amérique1. Je vous enverrai les témoignages si parfaits de sa tendresse paternelle que renfermait sa dernière lettre, écrite avant la sainte et bienheureuse mort de M. Matignon. Depuis, la Providence miséricordieuse lui a envoyé un digne auxiliaire; mais rien ne saurait faire oublier la perte d'un tel ami.

« Ici , nous allons bien. Les succès et les progrès de notre école et de l'école de nos orphelins laissent voir que la main de Dieu est là... La mort , il y a quelque temps , est venue , tout contre moi, me montrer ses dents en grinçant, et me menaçant de sa visite. Je lui ai montré son Maître, et j'ai remis tout entre les mains

1 M. Matignon mourut, le 19 septembre 1818, entre les bras de M. de Cheverus. La vénération dont il s'était rendu l'objet parut à ses obsèques d'une manière éclatante. Le cercueil qui le renfermait fut porté processionnellement dans la ville , au milieu des chants de la douleur. L'évêque, M. de Cheverus, suivait le convoi, la mitre en tête, entouré de tous les catholiques en pleurs. Quelque inusitée que fût cette cérémonie funèbre, les habitants de la ville l'honorèrent par leur respect. « On eût dit que ce jour-là tout Boston était catholique. » Voir la note 20 à la fin de ce volume. Voir la vie du cardinal de Cheverus.

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