‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 185 sur 226 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

à son entrée dans la baie de Boston, par les gros canons de la vieille frégate Vlndependence. Je ne m'arrête pas un instant; de Boston, je pars pour New- York; une poignée de main aux amis que nous avons là , et vite à Philadelphie. Ici, je délibère un moment : prendrai-je le bateau à vapeur de Baltimore, ou la diligence de Lancaster à Gettysburg? Cette dernière route est à jamais chère à mon souvenir, je l'ai faite en si douce compagnie ! A Gettysburg, je loue une voiture, et j'arrive, le cœur qui me bat bien fort, à Emmettsburg..., à Saint-Joseph... Ici, la scène qui se passe peut être sentie, mais non pas décrite. Plus tard , vient la rencontre avec mes chers camarades de la montagne; avec mes amis, M. Dubois, M. Brute, Andreuze, Egan, etc. Ils sont tous présents à mon souvenir, tous aimés. Et c'est ainsi que je passe bien des quarts remplis d'ennui ; ou , pour mieux dire , que je passe des quarts qui seraient remplis d'ennuis , sans ces agréables pensées ; mais qui, avec elles, glissent inaperçus, imperceptibles; et après, je me réjouis de me sentir de quatre heures plus rapproché de mon bonheur. Oh ! ma mère chérie, que Dieu nous accorde cette bénédiction de nous retrouver encore ensemble; qu'il permette que je vous retrouve en bonne santé! Ne soyez pas lasse de la vie avant que je vous

aie revue encore une fois ! Pensez que mon absence sera à moitié de sa durée lorsque cette lettre-ci vous arrivera.

« Depuis que nous sommes ici, j'ai été très peu à terre; et maintenant, nous allons mettre à la voile sous peu de jours. On dit que nous attendons seulement le retour de M. Prévost de New-York1, l'envoyé américain en ces parages. Il est arrivé ici , il y a quelques jours , sur la frégate anglaise V Andromaque ; et il est parti presque aussitôt pour la ville de Santiago, à environ quatre-vingt-dix milles d'ici. Nous avons passé notre temps à nettoyer notre vieux bâtiment et à le peindre ; et nous avons été transportés de joie en voyant que V Andromaque ne peut se comparer à nous, ni pour la propreté du gréement, des ponts, des canons, ni pour la beauté des formes, de sorte que c'est nous qui sommes le bâtiment modèle dans ce port; comme nous le serions, je suppose , partout ailleurs ! Nous avons aussi donné deux bals magnifiques, où s'est rendu tout le beau monde de Valparaiso. Notre consul et lady Gochrane ont donné plusieurs bals à nos officiers à terre. En somme, nous avons passé notre temps, plutôt d'une manière agréable à Valparaiso. A présent, nous allons faire voile

1 Judge Prévost.

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