‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 186 sur 226 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

pour Callao ■ qui est le port de Lima. Les midshipmen de VAndromaque nous ont dit que la brume y est très intense, le matin et le soir; tandis qu'au milieu du jour, la chaleur est presque insupportable; je crois que je vais m'en souhaiter parti aussitôt qu'arrivé. De là, je pense que nous irons aux îles Galopagos, tout à fait sous l'équateur; des îles inhabitées, si ce n'est par des oiseaux sauvages de terre et de mer, d'une variété et d'un nombre immenses; des veaux marins , des lions marins, et autres animaux amphibies, avec une quantité de tortues de terre et de mer. Il en est beaucoup, de celles de l'espèce terrestre, qui pèsent de trois à quatre cents livres; elles peuvent porter un homme sur leur dos sans paraître en souffrir. Nous en avons eu une à bord, qui nous avait été donnée par le capitaine d'un baleinier, qui était arrivé ici peu de temps après nous. Elle n'était pas de la grande espèce, et cependant j'ai vu bien souvent un de nos petits midshipmen qui se promenait sur elle à califourchon , autour de la batterie, sans que la bête changeât son allure le moins du monde. Nous resterons dans ces îles le temps nécessaire pour espalmer le bâtiment *, reprendre le gréement, le réparer, et remettre tout en bon ordre. On dit

1 Espalmer, nettoyer, frotter.

que notre présence dans le fleuve Golumbia est devenue inutile, M. le juge Prévost ayant déjà pris possession pour les États-Unis de l'établissement que les Anglais lui ont cédé. J'ai oublié de vous dire que nous devions aller en Californie. Pour quelle affaire? c'est ce que je ne sais pas exactement. J'espère vous faire quelque jour une ample relation de toutes nos allées et venues. Je regarde en avant, vers la fin de la campagne, avec espoir et anxiété. Je veux croire que vous serez tous bien quand je vous retrouverai; et en même temps, je suis rempli d'anxiété pour la santé de ma si chère mère et de ma sœur. Que Dieu vous garde , et nous accorde une heureuse réunion ensemble ! Pour ce qui est de ma santé, je n'ai pas même su ce que c'était qu'une minute de maladie depuis que je vous ai quittée, grâce à Lui qui m'a protégé ! Il n'est pas besoin que je vous demande de prier constamment. Je dis souvent Ave Maria pour vous. Lorsque vous écrivez à Baltimore, veuillez me rappeler à tous nos amis, M. Harper, M. Barry, les Chatard*

1 Français émigrés aux États-Unis. Cette famille, fixée depuis la fin du siècle dernier à Baltimore, s'y est naturalisée. Elle a donné à l'Église Tévêque de Vincennes dans l'Indiana. Nous avons eu l'honneur et le bonheur de connaître, à Rome, M. Chatard. La haute confiance du saint Pontife Pie IX l'avait investi

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