CHAPITRE XXIII
vous dans ses lettres, avec autant d'affection et d'estime que vous me parlez de lui. Sa précieuse santé est chancelante. Je crains que la perte de M. Matignon ne le réduise à l'extrémité. Il est écrasé de charges et de soucis : saint et bien -aimé Père !
« Mes tendres souvenirs , et mes sentiments les plus reconnaissants, à votre Amabilia et à vos douces filles. Elle est une vraie mère, et elles sont de vraies sœurs pour mon Richard, à ce qu'il m'écrit.
« Toujours, et à jamais, votre sœur en Notre- Seigneur.
« William est embarqué sur son Macedonian. Nous n'avons pas de nouvelles de lui. »
EL1ZABETH SETON A SON FILS
30 septembre 1819.
« Mon William chéri, je vous ai écrit par toutes les voies que j'ai pu imaginer, New- York, Baltimore, Boston, etc. Votre si bonne lettre, écrite de Valparaiso, nous l'avons reçue dans le milieu de juillet dernier; et maintenant , nous n'osons pas espérer de nouvelles lettres. Celle que vous écriviez à Richard a été envoyée immédiatement. La dernière lettre
que nous avons reçue de lui est du mois de juin. Il parle beaucoup de vous, et de son impatience d'avoir de vos nouvelles- Votre chère Kitty va tout à fait bien ; la voici tout justement qui arrive de sa visite de l'été au Manoir «. Combien toutes les deux nous pensons à vous ! nous aimons à parler de vous ! à écouter tous les souffles du vent, comme s'ils pouvaient aller et revenir de vous à nous ! Nos mille craintes , nos mille espoirs sont inexprimables ; et nos combinaisons sur les jours, sur les semaines, à mesure qu'elles s'écoulent, pour chercher à savoir quand sera la si chère heure qui vous ramènera encore vers nous. Oh ! mon bien -aimé William, pourrait- il être possible que vous vinssiez, une fois encore, dans notre petite vallée?... Chaque fois que l'heure sonne, je vous envoie tant de bénédictions, et j'invoque tant de bénédictions pour vous ! Oh ! mon enfant! mon cher enfant! aimez-moi! aimez-moi! Vous savez de quelle manière, et avec quelle preuve !... Quand vous passerez le cap Horn, à votre retour, vous pourrez être certain que mon cœur de mère , ce pauvre
1 Le Manoir, à deux milles de Baltimore , résidence de M. Carroll de Garrollton, que ses descendants possèdent encore, au centre de vastes domaines, dans le comté qui porte leur nom : Carroll County.