CHAPITRE XIII
jour où la foi l'avait éclairé de sa lumière, le grand mal de sa vie avait été l'indifférence religieuse : il était né pourtant au cœur du protestantisme, dans l'État de Virginie. La curiosité des voyages lointains avait passionné sa jeunesse, et l'avait conduit dans toutes les parties du monde connu. Il revenait d'une de ces courses aventureuses, et prenait quelque repos à Paris, lorsqu'il y tomba malade.
La main de Dieu l'attendait sur son lit de douleur. Livré à de longues souffrances , il chercha sa consolation dans la sainte Écriture, qui, jusqu'alors , lui était demeurée presque inconnue. Quelle aimable et pénétrante lumière vient tout à coup s'offrir à lui ! Les doux récits de l'Évangile touchent son âme et la captivent. Il aime déjà ce Sauveur, dont l'amour pour nous l'attendrit. Sans le bien connaître encore, il brûle de l'avoir pour ami et de devenir son disciple. Pour le trouver, que fera-t-il? quel chemin lui faudra-t-ii suivre? Son ignorance est extrême; son trouble est grand; à qui le confiera-t-il? Dans l'absolue solitude où l'a laissé sa maladie , il n'a personne qu'il puisse appeler auprès de lui. Une voix cependant vient de se faire entendre. Il l'écoute. Que lui a-t-elle dit? — « Je suis près de celui qui me cherche. Il ne dépend que de toi , si tu veux m'avoir pour ami ! »
A quelque temps de là, il se trouvait à Londres. Le livre des Évangiles était dans ses mains, il le lisait et le méditait. La voix qu'il avait entendue lui parla de nouveau ; elle lui redisait les mêmes paroles : « Il ne dépend que de toi, si tu veux m'avoir pour ami. » Entouré de protestants, en plein pays d'hérésie, plutôt que de se confier à l'un ou à l'autre de leurs pasteurs, il chercha pour se guider un de ses amis dont le caractère lui inspirait du respect. Ce simple conseil lui fut donné: Étudiez; examinez les diverses communions chrétiennes, avec un cœur préparé d'avance à embrasser la croyance qui vous paraîtra la mieux fondée.
M. Cooper était d'un caractère vigoureux, d'un esprit droit et sincère; une étude approfondie le persuada bientôt de la vérité du dogme catholique. Il revint en Amérique, entra en relation avec M. Carroll, se mit sous sa conduite spirituelle, et fit abjuration entre ses mains à Philadelphie.
Gomme le nouveau converti appartenait au meilleur monde, qu'il était cité pour ses habitudes élégantes , et remarqué pour la distinction de son esprit, son abjuration fit sensation dans le pays. On vit bientôt que, voulant être à Dieu, il ne s'était pas donné à demi. Un des passages qui l'avaient le plus frappé dans l'Évangile est celui où Notre-Seigneur dit à ce jeune homme: