‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 190 sur 226 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

accomplie près de la seule fille et près des deux fils que Dieu lui conservait. Ses autres enfants l'attendaient au ciel; c'était là que se transportaient toutes ses pensées. Dans une lettre adressée à Tune de ses anciennes élèves , à l'anniversaire du jour où elle fêtait autrefois la naissance de la petite bien-aimée qu'elle avait perdue: « C'est aujourd'hui, dit-elle, le jour de naissance de Rebecca : elle aurait seize ans. Mais elle ne compte plus les années. Oh! la pensée d'aller la voir, elle et notre Annina !... Oh ! la pensée d'aller voir Dieu ! »

La grâce de faire une bonne mort, voilà ce qu'elle avait uniquement en vue. Elle sollicitait, pour obtenir que Dieu lui accordât ce bonheur, les prières des pauvres que la maison secourait , les prières de ses filles spirituelles , de ses élèves, de toutes les personnes dont l'affection et la piété lui étaient connues . Elle priait elle-même. Sa vie n'était plus qu'une oraison continuelle. Gomme ces vierges saintes de l'Évangile, qui ont préparé l'huile pour leurs lampes , et qui veillent en attendant que paraisse l'Époux, elle tenait entre ses mains une lumière ardente.

« Je fais ce que je puis, disait-elle, pour me tenir dans l'étroit sentier qui me conduit à Dieu seul. Le petit apprentissage quotidien de demeurer doucement et paisiblement en sa

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présence, tandis que je m'efforce de diriger le peu que je puis faire, selon sa volonté, et de le louer et de l'aimer au milieu de l'obscurité, aussi bien que sous les rayons du soleil , voilà tout mon soin , toute mon étude. Le méchant vient de temps en temps m'offrir la bataille; mais notre cher Seigneur est là, derrière la muraille; et il tient le misérable à distance. »

Par un beau jour de soleil, ses forces le lui permettant, elle s'était acheminée vers la montagne. « Seule, cette après-midi, assise sur un rocher, en présence d'une des plus belles scènes de la nature, j'adorais Dieu, je lui rendais gloire de sa magnificence et de sa bonté. Mes yeux appesantis ne pouvaient, il est vrai, se plaire qu'à demi à ce qu'ils voyaient; mais l'âme s'écriait : « 0 Dieu , ô Dieu , donnez-vous vous-même: qu'est-ce que tout le reste? » Une voix d'amour, une voix silencieuse , ma répon dait : « Je suis à toi. » — Ah ! tendre Seigneur, faites-moi demeurer telle que je suis maintenant, pour le temps que vous me laisserez à vivre; car c'est là le vrai contentement, ne rien espérer, ne rien désirer, ne rien attendre , ne rien craindre!... La mort, l'éternité... Oh! combien paraissent petits tous les objets que poursuivent ces êtres affairés , empressés , aveugles et déçus ! combien ils paraissent pe-

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