‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 192 sur 226 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

m'empêcher d'être un peu tourmentée. Je prie, avec bien de la ferveur, pour qu'il me soit donné d'apprendre de bonnes nouvelles de vous tous; et après le premier tressaillement dont la nature ne peut, de temps à autre, se défendre, je remets tout cordialement, sincèrement, et en toute confiance, à la divine Providence , qui nous a bénis , même au delà de ce que nous avions pu espérer. Pour ma part, je m'efforce de faire que chaque souffle de mon cœur soit une continuelle action de grâces. Nul mieux que mon cher Antonio ne peut comprendre ce qu'est mon cœur en Dieu : mon cher Antonio, lui qui sait si bien ce que j'ai été, et quels redoutables châtiments je mériterais, plutôt que d'avoir ce bonheur de vivre dans un véritable sanctuaire, rempli de la présence de Dieu; me levant chaque matin, m'endormant le soir, presque en présence de la sainte hostie; pouvant presque toucher le tabernacle! «Si vous saviez, Antonio, avec quelle tendre reconnaissance je me souviens de vous et des chers vôtres, surtout de Patrizio et de mon Giorgino : leur image est si vivement empreinte dans ma mémoire ; et celle aussi de vos douces filles aimées ! William , pourtant , m'a tellement parlé des plus petits, qu'il me semble que je les ai vus. Que Notre -Seigneur les bénisse tous, comme je l'en supplie! Qu'il vous con-

serve ferme, à jamais, dans ce fidèle et persévérant amour; vous et votre chère, excellente Amabilia ! Elle m'est si chère à moi aussi, et à tous ceux qui la connaissent !

« La pensée m'est venue, tout à l'heure, que ce serait intéressant pour vous d'avoir le mandement de M. du Bourg de la Louisiane. Je vais le joindre à ceci , et je ne vous écrirai que sur la moitié de ma page. Votre très chère Amabilia, qui observe le carême si sévèrement, verra quelle misérable idée de la pénitence ils se font dans ce pays -là. Vous verrez aussi ce que fait le véritable, zélé évêque.

« Notre saint Cheverus est mieux. Il avance par les progrès les plus heureux dans sa mission céleste. Notre pauvre petit grain de sénevé étend ses rameaux. On nous a écrit de New-York pour nous demander de venir et de prendre soin de huit cents enfants appartenant à l'école de l'État, en outre de l'asile des. orphelins.

« Aimez bien votre dévouée sœur, et priez pour elle. »

Cette lettre d'Elizabeth à Antonio, nous l'avons eue sous les yeux. Nous l'avons tenue longtemps, avec attendrissement et respect. On y sent la main tremblante. L'écriture, faiblement tracée , se laisse lire avec peine. C'est

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