CHAPITRE XXIV
n'était encore que la petite Elizabeth Bayley, comme elle recueillait avec amour les passages qui la frappaient dans ses lectures, si variées et si nombreuses. Elle feuilletait maintenant ses vieux cahiers, et d'autres encore, qui lui venaient d'un passé moins lointain. Depuis tant d'années qu'elle n'avait vécu que pour ses Sœurs, c'étaient des volumes qu'elle s'était formés de ce qu'elle avait copié dans les meilleurs auteurs pour leur être utile1. Sa Bible était près d'elle toujours, avec ses marges couvertes de notes qu'elle y avait écrites à toutes les époques de sa vie. Précieux livre ! elle le laissa à M. Brute, quand elle mourut; et ces notes que sa main y avaient tracées , il
1 « Elle ne vivait que pour ses Sœurs et pour ses saints devoirs, traduisant continuellement pour elles nos meilleurs livres français, et copiant tout ce qui pouvait leur être utile. » Lettre de M. Brute à Antonio Filicchi, 5 mai 1821. — Ce qu'Elizabeth avait traduit du français en anglais est considérable. Nous citerons entre autres ouvrages : La Vie de saint Vincent de Paul, in-4°. — La Vie de mademoiselle Legras. — Les Antiennes de l'Avent, par Avrillon. — Le Traité de la Virginité de saint Ambroise. — Le Traité de la paix intérieure, par le P. Lombez. — Divers passages du P. Berthier. — Plusieurs fragments de la Vie de sainte Thérèse. — Le commencement de la Vie de saint Ignace de Loyola. — Plusieurs fragments du P. Judde. — Une partie des Conférences de saint Vmcent de Paul. — Une partie des Conférences de saint François de Sales.
y recourait souvent, lorsqu'il faisait à ses élèves les classes de théologie ou d'Écriture sainte 1 .
Elle, si tendre dans ses affections, si soigneuse à garder les saintes amitiés, qu'elle honorait d'un si grand respect , se voyait assistée dans sa longue maladie par un ami d'un dévouement sans égal. Ils sont la récompense du Seigneur, ces amis si parfaits. Leur amitié, dit l'Esprit-Saint, est bonne pour soulager. Elle donne la vie et V immortalité; joie sur terre , et secours pour marcher vers le ciel. Celui qui craint le Seigneur trouve de tels amis*. Vous promettez, Seigneur, et votre parole est fidèle; fidelis est enim qui repromisit 3. — Vous souvenant de votre servante Elizabeth , parce que toute sa vie elle avait aimé votre nom et V avait craint , vous lui donniez , selon votre promesse , la récompense qu'elle méritait. A l'approche de ses derniers jours, vous aviez envoyé vers elle l'amitié bonne pour soulager, le secours pour
1 At her death she left him her Bible, upon the margin of which she had written many noies, which he often quoted and referred to , in his classes of theology and holy Scriptures. Rev. Dr White's Life of Mother Seton.
2 Eccle vi, 16.
3 Hebr., x, 23.