‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 199 sur 226 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

core : « Mon Dieu est infini , et je ne suis , moi , qu'un atome. »

Paix, amour, confiance; ces sentiments grandissaient en elle à mesure qu'elle approchait de sa fin. Ils lui inspiraient sa réponse la plus ordinaire aux questions sur son état , dont elle tâchait qu'on s'occupât le moins possible : How are y ou, Mother? « Quiet. » — Et souvent: « Very quiet. » Mère, comment êtes- vous? — « Tranquille. » — Et souvent: « Très tranquille. » Rien ne saurait rendre l'affliction des Sœurs, inconsolables de la perdre à un âge encore éloigné du terme où la vie s'éteint d'ordinaire. Elle imposait silence à leur douleur. « Que sa volonté soit laite, que sa sainte volonté soit faite , » disait-elle.

La paix et le calme dont elle jouissait ne naissait pas d'une confiance présomptueuse. Elle avait une frayeur sainte des jugements éternels, des peines dues au péché, et du poids de sa propre dette; mais l'emportant sur la frayeur, l'amour surnageait. Son Dieu lui faisait la grâce d'incliner son cœur plutôt vers l'amour que vers la crainte. Si les sentiments de frayeur prenaient le dessus, promptement, sans faire effort, d'une pente naturelle, elle allait demander refuge à Celui dont la justice l'effrayait. « Avez -vous peur de Dieu, disait saint Augustin, jetez-vous dans ses bras! »

Le Maître qu'elle avait bien servi, le cher Seigneur qu'elle avait tant aimé toute sa vie, semblait déjà la favoriser de la douceur de sa présence. « Je ne souffre pas, disait- elle. Je suis faible, il est vrai; mais chaque jour se passe si calme et si heureux! Si c'est là le chemin qui mène à la mort, rien de si paisible ni de si doux. Mais, dussé-je en revenir, que c'est une chose délicieuse de reposer entre les bras de Notre-Seigneur ! Je n'ai jamais si bien senti la présence de ce Seigneur bien-aimé, que depuis que je suis malade. C'est comme si je le voyais, lui, le bon Jésus, lui et sa sainte Mère, ici , continuellement, assis à mes côtés, sous une forme visible, pour me consoler, me récréer, m'encourager à toutes les heures de ma longue et pénible souffrance. Gela vous surprend, disait-elle à celles qui l'écoutaient, vous allez rire de mes imaginations. N'importe ! Celui qui est notre tout a bien des manières de consoler ses petits atomes. »

Sans cesse elle parlait du bonheur de mourir dans le sein de la vraie Église. « Oh ! qu'il en est peu qui connaissent le prix d'une telle faveur! » disait-elle. — Quelqu'un lui ayant demandé quelle était la grâce la plus grande qu'elle pensait avoir reçue de Notre-Seigneur : « C'est, répondit- elle vivement, sans la moin-

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