‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 201 sur 226 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

péta le même doux et simple mouvement de tête en union à ces paroles. — Ce furent là les dernières paroles qu'elle ait entendues de M . Bruté> ni d'aucun prêtre de son divin Maître. Elle se rendit elle-même à lui désormais , persévérant dans son simple recueillement.

« Le même soir, vers dix à onze heures , elle était plus mal. On appela l'assistante, Sœur Xavier: « It i s y ou, Xavier, how are youl C'est vous , Xavier! comment allez-vous? » — Elle la reçut avec cette manière aimable çt polie que l'on comparait, en elle, à la politesse si touchante, à la bonté pénétrante, que le bon archevêque John Carroll avait marquée jusqu'à sa dernière heure. Ses Sœurs priaient avec elle. Sa fin approchait. Elle suggéra elle-même la prière qu'elle récitait tous les jours, comme étant si bien selon son cœur et selon sa piété de profonde soumission et d'abandon : « Que la très sainte ? très puissante, très aimable volonté de Dieu soit accomplie à jamais ! » Les Sœurs lui aidèrent à l'achever. Pouvant à peine se faire entendre, elle pria une des Sœurs de réciter pour elle sa prière de prédilection , cette courte et ardente prière de saint Ignace de Loyola : « Cœur de Jésus, sauvez -moi. Sang de Jésus, enivrez-moi. Eau sortie du côté de

Jésus, !avez-moi ! »

La Sœur commença. Mais,

succombant à son affliction, elle fut forcée de s'interrompre. Catherine -Joséphine, ne pouvant plus se contenir, éclata à ce moment en cris douloureux. Elizabeth acheva la prière elle-même. Les derniers mots qui sortirent de sa bouche furent les noms sacrés de Jésus, Marie, Joseph, à qui elle remettait son cœur, et confiait sa dernière agonie. Comme elle venait encore de dire Jésus, elle perdit l'usage de la parole. Son dernier sommeil arriva sans effort, sans que ses filles qui l'entouraient eussent pu s'apercevoir du moment où elle passait de la vie au repos suprême.

Son âme fut délivrée de ses liens, le 4 janvier 1821 , vers les deux heures du matin. La durée de sa vie mortelle avait été de quarantesix ans et qualre mois.

M. Brute arriva comme elle était à peine expirée. Le messager qu'on lui avait envoyé, au milieu de la nuit, l'avait appelé trop tard. Quel air cette chère morte conservait ! Quels sentiments s'éveillaient à sa vue dans l'âme de celui qui, depuis dix ans, avait su tous les secrets de cette vie, continuelle aspiration vers le ciel et vers Dieu ! Quels souvenirs remontaient au cœur du confident de tant de douleurs qu'elle avait éprouvées ! Quels regards vers le passé, pour l'y voir envoyant devant elle, avec tant de foi, tant d'amour, ses deux

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