‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 22 sur 226 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

votre tour, être récompensés par la plénitude de la divine bénédiction ! Amen un millier de fois. »

Quand nous voyons chez notre Elizabeth ce passionné désir de se dévouer aux intérêts de la religion et de la charilé, joint à tant de fidélité pour faire remonter vers Dieu toutes ses pensées , inspirées par Dieu , uniquement préoccupées de Dieu, l'image ne vient-elle pas s'offrir à notre esprit , de cette échelle mystérieuse qui allait de la terre au ciel, avec ces anges au vol silencieux , au vol tranquille et soutenu , qui montaient sans cesse et redescendaient?

Elle aspirait depuis longtemps à se consacrer au Seigneur par les vœux solennels de la profession religieuse : ces vœux de chasteté, de pauvreté, d'obéissance, qu'elle avait prononcés en son cœur. A partir du jour où elle ouvrit son école , elle se mit à agir comme si elle eût commencé un véritable noviciat ; vivant dans une retraite absolue, ou plutôt, comme elle le dit elle-même, dans le secret du tabernacle , là où se trouvent seulement sécurité, liberté vraie, et doux contentement; » ne négligeant aucun des soins, aucun des devoirs de l'heure présente; institutrice et mère tout à la fois; d'ailleurs, uniquement attentive

à assurer son avancement spirituel. Rien du dehors ne venait troubler son recueillement intérieur, son application aux choses de Dieu , et l'intime joie de son âme, dans ces jours d'une existence paisible et régulière qu'elle passait , « allant chaque matin à la communion , vivant dans les plaies de son adorable Seigneur, ne voyant personne que ses représentants sur la terre , et recevant continuellement leur bénédiction. »

Elle n'avait admis sous sa direction que des jeunes filles catholiques. Sa tâche auprès do ces enfants avait avant tout pour objet de leur donner une éducation solide, profondément religieuse, propre à former leurs cœurs à la vertu par l'amour de Jésus -Christ. Tous les jours, après la prière du matin, elles assistaient à la messe; elles récitaient le rosaire, au milieu de la journée, et s'appliquaient à l'étude de la doctrine du catéchisme. Les vendredis, après avoir écouté pieusement la lecture de la Passion de Notre- Seigneur, elles apprenaient à méditer sur cet intarissable sujet d'attendrissement et de réflexions. Le temps des classes était donné à ce qui fait partie de l'éducation accoutumée des jeunes personnes : lecture, écriture, arithmétique, travaux de couture, ouvrages de fantaisie faits à l'aiguille, et, pour celles qui le désiraient, étude de la langue française.

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