‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 23 sur 226 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

L'instruction religieuse du petit troupeau fut confiée à M. Babad, prêtre français1, de la société de Saint-Sulpice, réfugié aux États-Unis. La destinée de cet homme vénérable avait connu les mêmes traverses que celle de M. du Bourg, son confrère et son ami. Chassé de France aux jours de la tempête, il avait trouvé un asile en Espagne, à Orense, auprès de ce généreux évêque, Pierre d'Alcantara de Quevedo, qui, dans ces temps douloureux, vit réunis autour de lui jusqu'à deux cents prêtres émigrés français. Distingué par son mérite, même au milieu de cette tribu d'élite, M. Babad lut choisi pour aider à l'établissement d'un séminaire que l'évêque d'Orense voulait avoir dans son diocèse, sur le modèle du séminaire de Saint-Sulpice. Le bien qu'on attendait de cet établissement fut entravé presque aussitôt par la malveillance du ministre philosophe Godoy, tout -puissant alors à la cour d'Espagne. M. Babad s'éloigna d'un pays où son zèle ne trouvait plus à s'exercer. Il se rendit à l'île de Cuba, y reçut le meilleur accueil , et

1 Originaire de Pont-de-Veyle, dans la province de Bresse. C'est un de ses neveux, l'abbé J. Babad, missionnaire du diocèse de Lyon , qui a traduit en français : The Life of Mrs Eliza A. Selon , foundress and firsl superior of the sisters or daughters of Charity inthe United States of America , by Rev. Charles White.

ouvrit immédiatement un collège pour l'éducation des jeunes gens. Ce fut à ce moment que ces messieurs du séminaire de Baltimore lui envoyèrent comme coopérateurs M. Flaget et M. du Bourg. En parlant des travaux apostoliques de ce dernier, nous avons raconté par quel déplorable sentiment de jalousie le gouvernement espagnol contraria le vœu des habitants de l'île de Cuba, et fit fermer le collège que dirigeaient les Sulpiciens français.

Fixé désormais à Baltimore, M. Babad y remplissait au séminaire les fonctions.de professeur; il desservait en outre plusieurs des congrégations religieuses établies clans la ville. Le respect que son caractère inspirait à Elizabeth la porta à le choisir comme directeur et père spirituel de la petite famille dont ellemême prenait un soin maternel. Ce fut lui qui, à l'entrée du printemps de Tannée 1809, prépara quelques-unes des enfants du pensionnat à faire leur première communion. Cette touchante cérémonie eut lieu dans le temps pascal. Elle fut précédée des exercices d'une retraite , à laquelle Elizabeth prit part avec cet esprit recueilli et cette piété pleine d'émotion qui semblent l'heureux privilège de ceux que le Sauveur appelle à sa table sacrée, à sa table avec lui, pour la première fois. Le temps n'était pas éloigné où elle, aussi , avait fait sa pre-

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