CHAPITRE XIII
de bien, M. O'Conway, fervent catholique, dont la fille Cecilia, attirée par une haute vocation , se préparait à passer en Europe pour re consacrer au service de Dieu dans une maison religieuse.
La résolution très arrêtée qu'avait prise cette pieuse jeune fille ne put empêcher qu'à la veille de quitter son père elle ne sentît , plus peut-être qu'elle n'avait prévu, le déchirement d'une si grande séparation. Comme elle en parlait tristement en présence de M. Babad, celuici , saisi d'une inspiration soudaine : « Je crois, lui dit-il, que, sans quitter les États-Unis, vous trouveriez l'asile qui vous conviendrait. Non loin d'ici, à Baltimore, s'est fixée une sainte veuve dont la vertu fait l'admiration de tous ceux qui l'approchent. Vous trouveriez, je crois, près d'elle cette vie de recueillement, de sacrifice et de bonnes œuvres à laquelle vous aspirez. » Alors , avec la vivacité et le feu qui lui étaient naturels, il se mit à raconter toute l'histoire d'Elizabeth : touchant récit que Mlle O'Conway écoutait avec une visible émotion. Les paroles qu'elle entendait décidaient de sa destinée.
D'un caractère ferme et doux à la fois, qui n'admettait pas l'irrésolution, elle abandonna sos projets de départ, du jour qu'elle espéra trouver à sa portée ce qu'elle se préparait à
chercher à une si grande distance. Son père, heureux à la pensée de n'être plus qu'à demi séparé d'elle, l'accompagna à Baltimore, et la présenta lui-même à l'illustre veuve, comme une enfant qu'il voulait offrir à Dieu. Mlle O'Gonway fit son entrée dans la petite école, le 7 décembre 1809 ; jour dont le souvenir est devenu précieux aux nombreuses servantes de Dieu qui sont venues après elle.
M. Babad eut une claire vue de ce que promettait à la future communauté l'arrivée de cette première coopératrice. Il invita Elizabeth à regarder sa venue comme le gage de bénédictions plus nombreuses , lui annonçant que de nouvelles compagnes bientôt s'assembleraient autour d'elle ainsi qu'un abondant essaim. Il l'exhorta à multiplier ses actions de grâces , en disant souvent devant Dieu ces paroles de son saint prophète?
Que le nom du Seigneur soit béni, maintenait t et dans tous les siècles.
De V orient à V occident, le nom du Seigneur notre Dieu est digne de louanges.
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu, qui habile au plus haut des deux, et qui abaisse ses regards sur ce qu'il y a de plus humble dans le ciel et sur la terre?
Qui tire le pauvre de la poussière; et V indigent, de son fumier ♦