‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 55 sur 226 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

gers. Envoyé par M. Émery aux États-Unis, en 1791 , il avait exercé pendant plus de douze ans le saint ministère dans les missions du Maryland. M. Carroll l'avait demandé en 1804 comme professeur au collège de Georgetown, d'où ses supérieurs de Baltimore l'avaient rappelé pour suppléer plusieurs d'entre eux disparus ou absents.

Le nouveau supérieur de la maison Saint- Joseph unissait à une grande piété la science, le zèle et une rare éloquence; il était la modestie même, comme le sont les hommes d'un haut mérite. Les Sœurs le perdirent dès l'année 1811. A cette époque, il alla partager les travaux de son ami, M. Flaget, l'évêque-missionnaire. Les merveilles que l'Église d'Amérique vit s'accomplir au diocèse de Bardstown pendant les quarante années que dura l'épiscopat de M. Flaget, ont été dues pour une grande part au dévouement de M. David. Autant par humilité que pour demeurer fidèle aux œuvres commencées dans un immense diocèse, où tout était de création nouvelle, il refusa plusieurs évêchés qui lui furent offerts. Quand il mourut, dans un âge très avancé, en 1841 , il était simple coadjuteur de son saint ami. Si nous avons devancé de beaucoup le cours des années pour parler de cet homme apostolique, c'est qu'après l'apparition qu'il fit

à Emmettsburg nous n'aurons plus occasion de le revoir ' .

Le troisième supérieur qu'eut la communauté, après M. du Bourg et après M. David, fut, pendant un temps, M. Carroll lui-même; puis M. Dubois, le pasteur de la congrégation catholique d'Emmettsburg, et le fondateur du séminaire du Mont-Sainte-Marie, dont il était aussi le supérieur.

1 Voir G. Moreau, Les Prêtres français émigrés aux États-Unis. — Voir la Vie de M. Éniery , neuvième supérieur du séminaire et de la Compagnie de Saint-Sulpice. — Voir Mgr Flaget , sa vie , son esprit et ses vertus.

Nouvelles épreuves. — Maladie du jeune William Seton. — Maladie et mort d'Harriet. — Douleur de Cecilia et delà mère Seton. — Le chêne du cimetière de Saint- Joseph. — Les Sœurs se transportent dans leur nouvelle maison. — Inauguration de leur chapelle. — Cecilia assiste à la sainte Messe pour la dernière fois.— Son amour de Dieu, sa patience dans sa maladie, sa pieuse mort. — Consolations accordées à la mère Seton au milieu de ses épreuves. — Quatre-vingt-dix personnes réunies sous le toit de Saint- Joseph.

La grande épreuve de la communauté de Saint- Joseph, à la fin de cette première année , ne fut pas seulement la pauvreté avec les privations qui lui font cortège. La maladie vint à son tour frapper à la porte de la maison; et dès qu'elle y eut pénétré, elle y établit son siège pendant plusieurs mois. Comme si ce n'eût pas été assez de tant de malades qu'on avait autour de soi , le directeur du collège de

Sainte- Marie annonça à la mère Seton qu'il croyait de son devoir de faire transporter chez elle son fils aîné, William, atteint d'une fièvre nerveuse qui demandait tous les soins de la vigilance maternelle. Si l'on se fût rendu compte à Baltimore de la situation où se trouvait alors la maison d'Emmettsburg, assurément on n'y aurait pas envoyé un malade de plus. Tout y faisait défaut, ressources, médicaments, médecins. Le pauvre enfant y était arrivé bien malade ; son état n'y pouvait qu'empirer. Bientôt on le vit si mal, qu'on demanda pour lui les derniers sacrements , et qu'on le disposa à bien mourir. On attendait son dernier soupir d'un moment à l'autre. Les Sœurs s'occupaient des funèbres apprêts qui suivent la mort. Sa tante Harriet aidait à préparer son linceul; mais, contrairement à toutes les prévisions humaines , il plut à Dieu de rendre la santé à l'enfant; tandis que le linceul qu'on lui destinait enveloppa les restes mortels de celle qui en avait cousu les plis.

Pendant qu'elle veillait tour à tour auprès de son neveu , le jeune William , et de sa sœur Gecilia, elle aussi, malade désespérée, Harriet fut saisie d'un mal violent, qui eut bientôt le caractère d'une fièvre cérébrale de la plus mauvaise nature. Le danger survint, d'une rapidité foudroyante. A peine eut-on connu dans

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