‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 67 sur 226 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

mie, qui ont appelé dans leur sein les anciens élèves de cette sublime institution, dont le seul but était de former à la pratique de tous les actes d'une charité sans bornes ;

« Considérant qu'il n'existe plus de cette précieuse association que quelques individus qui vieillissent, et nous font craindre l'anéantissement prochain d'une institution dont s'honore l'humanité, etc. etc., arrête :

« Art. Ier, — La ciloyenne Deleau , cidevant supérieure des Filles de Charité, est autorisée à former des élèves pour le service des hospices.

« Art. IL — La maison hospitalière des orphelines, rue du Vieux-Colombier, est mise à cet effet à sa disposition

« Art. V. — Le gouvernement paeyra une pension de trois cents francs pour chacun des élèves dont les parents seront reconnus dans un état d'indigence absolue. »

Cet arrêté est daté du 14 octobre 1801 ; trois ans plus tard, la congrégation était si prospère, qu'elle se trouvait en mesure de desservir deux cent cinquante hospices ou hôpitaux. Du jour où on lui avait permis de renaître, le nombre des sujets qui demandaient à en faire partie n'avait cessé d'aller croissant.

La négociation de M. Flaget, conduite avec

zèle et prudence, fut couronnée du plus heureux succès; trois religieuses en résidence à Bordeaux furent désignées pour passer aux États-Unis. Pendant qu'elles attendaient de recevoir leur ordre d'embarquement, l'une d'elles, la Sœur Marie Bizeray, supérieure, ou, pour dire plus exactement, Sœur servante % adressa aux Sœurs de la communauté de Saint-Joseph la lettre que voici :

1 On appelle Sœurs servantes, dans la compagnie, les supérieures des établissements particuliers; le titre de supérieure étant réservé à la seule supérieure générale. Cet usage remonte au 20 juin 1642. Dans la conférence de ce jour, Vincent de Paul se rappela avoir entendu, au monastère desAnnonciades, fondées par sainte Jeanne de Valois, appeler la supérieure ancelle (du latin ancilla). a Cela m'a fait penser, dit-il à ses filles, que vous n'appelleriez plus, désormais, vos supérieures du nom de supérieures ; mais que vous les appelleriez servantes. Que vous en semble? » Toutes approuvèrent. « C'est le nom que prend le pape, ajouta Vincent, qui s'appelle le serviteur des serviteurs de Dieu. — H y a longtemps, dit-il encore, que je souhaite et voudrais bien que nos Sœurs en fussent venues à ce point de respect entre elles, que le monde du dehors ne pût jamais connaître laquelle Sœur est la Sœur servante. » — Saint Vincent de Paul, sa vie, son temps, ses œuvres, son influence, par l'abbé Maynard. Paris, 1864.

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