‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 68 sur 226 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Bordeaux, le 12 juillet 1810.

« Mes chères Sœurs ,

« Comme il n'est pas encore en mon pouvoir de quitter la France , je vous écris pour vous donner la preuve que vous êtes l'objet de mes pensées. J'espère être assez heureuse pour vous voir dans peu de mois , selon que le Tout- Puissant, qui nous appelle à notre saint état, et qui m'a inspiré ainsi qu'à plusieurs de mes sœurs le désir de vous être utile, voudra bien disposer les voies pour notre départ. Il plaît à ce Dieu tout-puissant, qui a fait choix de pauvres pêcheurs, hommes faibles et ignorants, pour être les fondements de son Église, d'employer de nos jours les instruments les plus faibles pour la gloire de son nom. Certainement , l'emploi qu'il en fait lui est agréable, puisqu'ils serviront à fonder un établissement dont le seul objet est d'assister ses membres souffrants. Oh ! qu'elle est belle cette vocation qui nous appelle à marcher sur les traces de notre divin Sauveur, à pratiquer les vertus dont il nous a donné l'exemple, et à nous offrir nousmêmes en sacrifice à Celui qui s'est offert pour nous! Quelle reconnaissance, quel amour, ne

devons-nous pas à ce tendre Père, qui a daigné nous choisir pour cette sublime vocation!

« Remercions-le donc, chères sœurs, et prions les unes pour les autres, afin qu'il nous accorde la grâce de correspondre fidèlement au privilège inestimable que nous avons reçu de lui. Ayons recours à saint Vincent de Paul, notre père; à mademoiselle Legras , notre mère vénérée; afin qu'ils nous obtiennent ce bonheur, à nous, qui sommes leurs chères filles. Il n'y a pas de doute que nous leur sommes chères, puisque nous les aimons et que nous désirons leur être soumises.

« Comme M. Flaget a dû vous dire les sentiments que son zèle et l'intérêt qu'il vous porte nous ont inspirés, je termine, chères sœurs qui serez bientôt nos compagnes, en vous assurant du sincère et entier dévouement et respect de votre très humble servante,

« Marie BIZERAY,

« Indigne Fille de la Charité, servante des pauvres. »

Cette lettre était signée de deux autres noms , celui de la Sœur Woirin et celui de la Sœur Augustine Chauvin , qui devaient accompagner la Sœur servante Marie Bizeray. Ces pieuses filles ne doutaient pas que la Providence ne

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