‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 71 sur 226 · CHAPITRE XVIÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIÎ

être grandement utiles au milieu de vos Sauvages; et comme je me défie de leur cuisine, prenez encore le livre que voici '.. » — Dans sa vieillesse, M. Flaget se rappelait ce trait avec bonheur.

Cinq prêtres français et un jeune diacre s'étaient offerts à M. Flaget pour le suivre dans son voyage et se consacrer à l'apostolat sur la terre d'Amérique. L'un d'eux, M. Brute de Remur, devint plus tard évêque de Vincennes dans l'Indiana. Nous le retrouverons bientôt attaché, comme assistant, à M. Dubois, le supérieur de la maison des Sœurs de Saint- Joseph. La petite colonie s'embarqua, sur un navire à voiles, dans le port de Bordeaux. Sa traversée dura quatre mois, et ne fut pas sans péril. Le navire qui la portait fut arrêté deux fois par les croiseurs anglais. Deux fois il fut relâché en considération de l'évêque nommé de Bardstown. On était alors au plus fort des rigueurs du blocus continental et des représailles exercées contre la marine française par la puissante Angleterre.

La communauté de Saint- Joseph reçut ses constitutions au commencement d'août 1810; elle les adopta aussitôt en principe. Mais pour les accepter définitivement, elle dut attendre

1 Voir la Vie de M. Émery.

qu'on eût réglé plusieurs détails importants qui furent l'objet de conférences entre M. Carroll, l'archevêque diocésain , M. Dubois, le supérieur de Saint-Joseph, et M. Nagot, le supérieur des Sulpiciens de Baltimore.

Après quelques modifications dont l'opportunité était laissée à l'appréciation de ses supérieurs, la communauté allait se constituer entièrement sur le modèle de la Compagnie des Filles de la Charité. Comme les statuts, constitutions , règles et usages de cette admirable Compagnie sont absolument les mêmes que du temps de saint Vincent de Paul , et n'ont subi de modification à aucune époque, nous avons maintenant le bonheur de pouvoir demander au saint fondateur lui-même qu'il nous apprenne ce que fut son œuvre dans l'origine, et ce qu'elle est encore aujourd'hui.

Les règles communes des Filles de la Charité, telles qu'elles leur furent données dans les assemblées du mois d'août 1655 , par saint Vincent de Paul, — Monsieur Vincent, comme on l'appelait alors, — sont divisées en neuf chapitres , et d'abord :

al. — De la fin et des vertus fondamentales de leur Institut. Cette fin est d'honorer Notre- Seigneur Jésus -Christ comme la source et le modèle de toute charité; le servant corporelle-

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