ELIZABETH A CECILIA SETON
« Oui, ma Cecilia, enfant bien -aimée de Jésus, vous remporterez la victoire, et Lui en recevra la gloire. A lui, gloire à jamais, pour vous avoir appelée à ce glorieux combat, et vous y avoir soutenue dans sa miséricorde. Vous triompherez, car c'est Jésus lui-même qui combat ; Jésus et non pas vous , ma toute chérie. Oh! non, le faible agneau timide, irrésolu , ne pourrait remonter le torrent, ni résister à l'orage. Mais le tendre berger le porte sur son épaule , l'entoure de son manteau ; et le pauvre petit, tout tremblant et heureux, se retrouve bientôt au milieu du bercail , lui qui se croyait à peine à la moitié du chemin.
« Il en sera de même pour vous, ma chérie. Le bon pasteur ne vous abandonnera pas un instant; il ne permettra pas que le moindre mal approche de vous. Pas une de vos larmes ne sera perdue; pas un des soupirs de votre amour pour lui. Heureuse, heureuse enfant, quelle doit être la douceur de vos entretiens avec ce divin Esprit qui donne à votre cœur inexpérimenté, dépourvu d'appui, la science des Saints. Ces Bienheureux du ciel se réjouissent sur vous , tandis que vous marchez d'un pas résolu dans leurs sentiers et leurs
souffrances. C'est bien votre pauvre sœur qui doit vous supplier de prier pour elle ! Je suis au repos, ma chérie, tandis que vous gravissez les hauteurs de Sion. Souvent même je sommeille dans le jardin l, tandis que vous avez part au calice d'amertume. Mais il n'en sera pas toujours ainsi. Les miséricordes du Seigneur sont infinies , et je ne serai pas longtemps sans avoir ma part d'épreuves. Priez, pour qu'elle ne me vienne pas du dedans: c'est là seulement qu'est la vraie angoisse. Maintenant je me vois comblée chaque jour, à chaque moment, des plus précieuses consolations; non pas avec ces transports que vous m'avez connus quelquefois, mais paisiblement, intimement ; offrant cependant à Dieu , en ma gratitude, de renoncer à ses propres dons, s'il trouvait bon de me les ôter, au moment même où j'en ressens le plus vivement la douceur. .
Que vous dirai-je d'une telle situation?... Dieu seul peut y remédier. Notre bon Padre 2 a été attendri jusqu'aux larmes en lisant votre lettre. J'ai consulté aussi M. du Bourg: tous deux s'accordent à penser que la main de
i Cant., ch. vi.
2 « Notre bon Père, n Padre, père, en italien. C'est M. Babad qu'Elizabeth désigne ainsi. Il sera question de lui un peu plus loin.