‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 99 sur 226 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

rai. Ces heureuses et sages exceptions faites au règlement conservèrent à la congrégation l'inappréciable avantage de demeurer sous la direction de la pieuse fondatrice , et lui assurèrent, à elle, une sécurité, un repos, qui, dans la pensée de tous, lui étaient bien dus.

Les Sœurs , afin de s'animer à pratiquer avec ferveur les règles de leur institut, firent une retraite qui s'ouvrit le 2 février. On les avertit, à ce moment, qu'une prolongation d'une année entière leur était accordée à toutes , pour qu'elles pussent éprouver leur vocation. On leur fit entendre aussi qu'elles conservaient une entière liberté de se retirer après ce délai. Toutes, néanmoins, furent invitées à demeurer, quelque infirmité ou incapacité qui eussent pu les atteindre depuis leur entrée dans la maison.

Pendant le cours de l'année destinée à l'essai de la règle et assignée comme terme de la seconde probation des anciennes Sœurs , on ne reçut pas moins de dix nouvelles aspirantes , dont plusieurs firent dans la suite le plus grand honneur à leur sainte vocation. Parmi ces admissions , la plus intéressante , ce nous semble , qu'on fit à ce moment-là, ou, pour mieux dire, dans l'automne précédent, fut celle de la fille aînée d'Elizabeth , Anna Seton , alors âgée d'un peu plus de seize ans.

La douce et sérieuse enfant que nous avons vue, sept années auparavant, si attentive à adoucir par ses tendres soins les derniers jours de son père, n'avait cessé d'être pour Elizabeth, la veuve et la mère, un objet de consolation, de joie et de juste orgueil. Les grâces et la beauté qui s'étaient développées avec sa jeunesse s'effaçaient devant l'éclat de son angélique vertu. Déjà du temps qu'elle n'était encore qu'élève, assujettie comme ses compagnes aux études du pensionnat, l'attrait de sa piété l'avait portée à demander qu'il lui fût permis d'observer les règles et usages de la communauté, du moins en partie. En toute saison, tous les jours, levée à cinq heures, l'hiver comme l'été, elle se rendait à la chapelle; là, prosternée, par les temps les plus rudes, elle passait une heure en prière en attendant la célébration de l'office divin. Tout le reste de sa journée était employé à seconder les Sœurs dans le soin des classes et leurs diverses œuvres de charité.

L'exemple de sa rare vertu, que son jeune âge rendait encore plus aimable et plus attrayante, avait singulièrement impressionné les élèves du pensionnat. Plusieurs d'entre elles, pressées du désir de se sanctifier en imitant de loin sa conduite, formèrent une association dont elle fut l'âme et la vie. Cette édi-

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