CHAPITRE MU
rera toujours un fait clair à mes yeux, c'est que votre esprit est influencé outre mesure par la terreur sans bornes que vous inspirent les amis que vous avez dans votre ancienne communion.
« Touchée uniquement du désir de connaître la vérité, vous étiez disposée à écrire, vous avez en effet écrit, à l'évèque Carroll, comme à celui qui était le plus capable d'éclairer votre esprit. Vous aviez compris qu'il é-tait convenable de lui envoyer l'original du manuscrit qui avait opéré le changement de vos dispositions. Mais voici que vos anciens amis sont survenus — ils n'en sont assurément pas pour cela vos meilleurs amis, — ne voulant pas que votre esprit fût désormais exposé aux rayons d'une lumière plus pure. Ils vous ont dit qu'il ne leur convenait pas d'entrer en aucune discussion. Immédiatement ils ont gagné sur vous que vous abandonniez à leurs obsessions votre âme et votre volonté.
« Vous le savez, vos nouveaux amis, maintenant mis à l'écart, avaient suivi un système tout à fait opposé , ainsi qu'il convient à ceux qui marchent dans les voies de la vérité. Ils ne vous ont, en aucune sorte, ni pressée ni retenue. Dans le cas où ils n'eussent pas agi ainsi, on aurait pu facilement les excuser, s'il était vrai, comme vos prétendus amis l'insi-
nuent, que notre Église défend l'examen et commande une foi aveugle. Mais que vos amis qui réclament à grands cris l'examen, qui ne «reconnaissent aucune autorité au-dessus de la raison individuelle donnée à chaque être humain, que ceux-ci puissent vous persuader que c'est pour vous un devoir sacré de décliner tout examen, voilà? assurément ce qui surpasse toute compréhension.
« Elle a, dit cet ami qui prévaut aujourd'hui, elle a pris son parti. Elle est tranquille sur ce qui lui donnait des doutes auparavant ; cela suffit pour le repos de sa conscience.
« Je pourrais peut-être souhaiter que cela pût suffire aussi pour le salut de votre âme , ma chère sœur; ce qui est certain, c'est que cela ne devrait pas suffire à la conscience de vos conseillers.
« Je prends part du fond de mon cœur aux angoisses de votre situation. Votre esprit torturé, votre cœur déchiré, avaient été également soulagés à Livourne, mais en une façon toute différente. Est-ce que votre propre expérience ne vous fait pas apercevoir qu'elle est fausse probablement cette sécurité où vos anciens prétendus amis voudraient vous retenir à toute force 7 C'est pour moi personnellement une vraie affliction de réveiller ainsi vos anxiétés ; mais avec les principes qui me sont