‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 102 sur 225 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

sacrés , et avec une si profonde affection , comment pourrais-je vous épargner, ma digne sœur ?

« Je vous donne ici par écrit ma promesse solennelle de demeurer , à tout événement , votre sincère ami jusqu'à mon dernier soupir ; prêt à faire toute chose en mon pouvoir pour assurer votre bien-être en cette vie, notre misérable et mortelle vie. Mais comme votre vie corporelle, si chère qu'elle me soit, doit, selon mes principes chrétiens aussi bien que selon les vôtres , être sacrifiée au salut de votre âme spirituelle, vous me pardonnerez, j'en ai la confiance, mon amie bien-aimée, si h chaque occasion qui viendra s'offrir, n'oubliant jamais le sujet en question, je ne manque jamais de livrer combat à vos sentiments les plus intimes ; conservant cet espoir qu'il plaira au Dieu misécordieux et tout-puissant de vous envoyer, au moins au dernier moment de votre séjour en cette vallée de larmes, son Saint-Esprit, et qu'il lui plaira de nous réunir tous dans son royaume céleste. Pour me faire agir autrement, il faudrait que vous m'interdissiez, de la manière la plus positive, de vous voir et de vous parler désormais. »

Ce n'est point en vain qu'Antonio Filicchi comptait intéresser l'évêque de Baltimore à

l'état d'âme d'Elizabeth , si sincère et si tourmentée. Ce véritable pasteur donna pour elle à Antonio les plus sages conseils ; et bientôt , lui écrivant à elle-même, eut pour l'encourager des accents touchants. Elle tn reçut une religieuse impression ; nous en trouvons ici la trace :

« Vraiment, Antonio, je ne puis penser à mon âme sans me souvenir de vous ; et comme assurément la plus grande partie de mes jours et de mes nuits se passe dans l'inquiétude et le trouble pour cette pauvre âme, je puis dire que vous êtes constamment associé à mes pensées et à mes prières. Cette après-midi, comme je commençais les litanies de Jésus , ces mots priez pour nous m'ont donné la pensée de ne pas prier pour moi seule, mais pour vous aussi, et de toutes mes forces; et après, je me suis dit que je devrais bien écrire à mon cher frère.

« Pendant le temps que je venais de passer à genoux, j'avais tenu la réponse de l'évêque * appuyée contre mon cœur, suppliant Dieu qu'il daignât m'éclairer, et me faire voir la vérité sans ce mélange de doutes et d'hésitations. Tous les jours, je lis les promesses faites

1 On se souvient qu'à cette époque il n'y avait pas dans les États-Unis d'autre évèque que M. Carroll.

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