‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 105 sur 225 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Dieu qu'il voulût bien lire en mon âme, et voir avec quelle joie je baiserais les pieds de celle qui a été sa mère, et lui prodiguerais les témoignages de mon respect, si seulement je pouvais le faire avec cette liberté d'esprit qu'inspire la connaissance de la divine volonté. M. Hobart est venu ici hier pour la première fois depuis votre départ. Il était si complètement hors de patience, qu'il ne me servit de rien de lui montrer la réponse de l'évêque. Il m'a dit : Cette Éghse est corrompue , tandis que nous sommes revenus à la doctrine primitive ; et que voulezvous faire de plus, si ce n'est d'agir « suivant ce qui vous semblera le mieux, d'après votre propre jugement » ?

« Sa visite a été courte, et également pénible de part et d'autre. Que Dieu me conduise ! car attendre un autre secours que le sien , est, je le vois, une chose vaine. »

ELIZABETH A AMABILIA FILICCHI

25 septembre 1804.

« Votre Antonio n'aurait pas été content de moi , s'il m'avait vue aujourd'hui dans Saint- Paul, l'égHse protestante épiscopahenne. Mais

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le désir d'avoir la paix, joint à un certain sentiment de conserver les convenances, etc., l'a emporté. Toutefois j'ai été prendre place dans un banc de côté, d'où je me trouvais tournée dans la direction de l'église catholique qui est justement en face, dans la rue la plus proche. Je me suis surprise vingt fois m'entretenant avec le saint Sacrement, là tout à côté, au lieu d'avoir les yeux fixés sur l'autel nu et dépouillé devant lequel je me trouvais, ou de prêter mon attention à la récitation des prières. Et puis, des larmes sans fm, des soupirs profonds, silencieux..., comme le jour où j'entrai pour la première fois dans votre église bénie de l'Annunziata à Florence ; tout en moi , larmes, pensées, soupirs, venant se perdre dans un seul et unique désir, celui de connaître la voie la plus agréable à mon Dieu , quelle qu'elle puisse être.

(( J'entendis M. Hobart qui disait: « Comment pouvoir s'imaginer qu'il y ait autant de Dieux que de milliers d'autels, et autant que de dizaines de milliers d'hosties consacrées dans tout l'univers? » — Je ne puis m'empêcher de sourire encore du sérieux qu'il avait en disant ces paroles ; car tout ce que je comprends à ce sujet se réduit à cette seule pensée : C'est Dieu qui a fait cela; le même Dieu , qui a nourri tant de personnes avec les petits pains d'orge

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