‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 110 sur 225 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

là VOUS ne voulez pas que nous en parlions, — d'un sujet qui me donne une grande inquiétude; je veux dire l'inaction trop prolongée de votre âme et de votre esprit. Vous me trouverez toujours prêt à vous prouver la 'parfaite estime et le parfait attachement qui animent votre frère et ami. »

ELIZABETH A ANTONIO FILICCHI

11 octobre 1804.

« Rien de nouveau. Cette pauvre âme se traîne toujours dans la même voie. Comme une barque sur l'Océan , elle flotte à la dérive , éloignée du port, — si elle en approche, on ne saurait le voir, — mais soutenue par l'espérance qu'elle a mise en Dieu qu'il ne la laissera pas périr.

« Vous trouverez ici une lettre que j'ai préparée pour notre évêque Carroll. Elle ne me satisfait pas; aussi j'espère que l'entretien que vous avez eu avec lui vous dispensera de la lui donner. De ceci, toutefois, moncherTonino sera le juge.

« Les secrets tourments de mon cœur m'ont été révélés bien clairement samedi dernier, dans la demi-heure que j'allai passer près de ce

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pauvre homme malade, ce catholique, pour lequel vous m'aviez donné dix dollars. Le bonheur que j'ai trouvé à le consoler, et à m'en- Iretenir avec l'honnête famille chez qui il demeure, m'a récompensée au centuple de la fatigue de cette course. Lorsqu'il m'a dit qu'il prierait pour moi et pour mon cher frère , j'ai senti que ses prières très-certainement seraient entendues. Comme je m'en revenais, passant devant l'éghse romaine , je m'arrêtai à lire les inscriptions sur les tombes ; puis j'élevai mon cœur à Dieu, implorant sa pitié, le prenant pour mon juge. Quelle joie se serait pour moi, SI je pouvais entrer ici et baiser les marches de son autel ! . . . . Visiter ici mon Sauveur, répandre chaque jour mon âme en sa présence, ah ! c'est mon suprême désir. Mais Antonio, est-ce que jamais j'oserais apporter en ce lieu un esprit hésitant, troublé, irrésolu, tremblant devant son Dieu d'augoisse et de terreur, à la pensée que je pourrais offenser celui-là seul à qui je voudrais plaire ?

« N'est-ce pas, Antonio, vous qui savez où appuyer votre esprit d'un appui si sûr, vous devez sourire de ce que vous dit votre pauvre sœur, comme on sourirait aux divagations d'une imagination malade? Mais songez donc qu'ici mon âme est en jeu! et ces chers enfants de mon âme, qui partageront mon erreur

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