CHAPITRE VIII
on porte sa peine sans en avoir le mérite ; cependant, moi, je m'efforce sincèrement de faire tourner la mienne au profit de mon âme. — Je lui ai répondu que j'espérais que plus j'aurais souffert en cette vie, plus je serais épargnée dans l'autre, parce que je croyais que Dieu accepterait mes peines en expiation de mes • péchés. — Elle me dit que c'était là une doctrine bien consolante, et qu'elle souhaiterait de pouvoir la croire. — En vérité, c'est bien là toute ma consolation, très-chère Amabilia, réduite comme je le suis presque à l'état de squelette , à demi - mourante dans l'angoisse d'une telle lutte... Il n'appartient qu'à Dieu de la faire cesser. »
Livourne, 17 décembre 1804.
(( Gomme les paroles et les longs raisonnements ne sont d'aucun profit, si la grâce de Dieu ne leur donne pas la puissance de persuader ; et comme cette puissance peut être accordée aux observations les plus simples, aussi bien qu'aux démonstrations les plus savantes; j'ai la confiance que ces quelques réflexions que j'ai essayé de vous exposer seront appuyées par la grâce que j'implore, et
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sans laquelle le traité le plus savant ne serait rien que le son d'une cymbale.
« Je vais réponire par ordre à vos questions :
« 1" Ils vous affirment que la succession de l'Église protestante est régulière, attendu que les membres de votre clergé ont toujours été ordonnés par les évêques de l'Église catholique romaine; et ils vous disent qu'ils s'appellent protestants parce qu'ils ont protesté contre les erreurs de l'Église de Rome, laquelle avait dévié de la primitive Église, en suivant ces erreurs qui ont été inconnues aux quatre premiers siècles du christianisme. En conséquence de ceci , ils admettent :
« 1" Que la véritable Église doit venir par succession directe des apôtres.
« 2° Que l'Église de Rome a été pendant les quatre premiers siècles la véritable Église.
« 3° Que l'Église protestante vient directement de l'Église catholique romaine.
« Vous vous souviendrez , et ils en sont euxmêmes convenus, que la véritable Église ne peut faillir, ne peut errer. La réforme protestante a eu lieu au xvf siècle. Or, à partir du v« siècle, l'Église romaine, selon leurs assertions , était tombée dans l'erreur. Ils omettent de nommer une Église qui devrait remplir cet intervalle de onze siècles.