‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 117 sur 225 · CHAPITRE Vni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vni

« Pour qu'ils eussent raison contre nous, il aurait fallu du moins que leurs protestations contre les prétendues erreurs de l'Église romaine eussent été faites au moment oi^i ces erreurs se sont produites. Si cela avait eu lieu, ils auraient acquis un titre pour être considérés comme les disciples de la vérité , sans déviation ni interruption; et dans ce cas, ce ne serait plus eux qui devraient être censurés pour s'être séparés de l'Église universelle ; ce ne serait plus eux , mais nous.

(( Lorsque les protestants commencèrent à paraître, et à déclarer que l'invocation des saints était une idolâtrie, la confession une invention humaine, le sacrifice de la messe une abomination, la présence réelle une superstition; l'invocation des saints, ta confession, le sacrifice de la messe, étaient des dogmes avoués et d'une pratique constante dans l'Église ; et la doctrine qui les enseigne était suivie par les évêques qui avaient ordonné les instigateurs de la réforme; et ces derniers eux-mêmes, peu de jours auparavant avaient entendu des confessions , et célébré la messe, etc. etc. Si toutes ces choses étaient des erreurs, les évêques qui avaient ordonné les réformateurs avaient erré, les réformateurs avaient erré, l'Église entière avait erré. Or l'existence supposée de ces erreurs détruit la

possibilité de la succession non interrompue de la vraie Église.

ce II est donc vrai, et très -vrai, comme je vous l'ai déjà dit, que si les descendants de la réforme reconnaissent que leur succession leur vient de l'Église romaine , — et ce fait ils ne peuvent le nier, — ils sont forcés d'avouer que si cette Église a erré pendant l'espace de onze siècles, elle n'a pu être l'Église de Jésus- Christ ; en sorte que leur propre succession a une origine vicieutse, ce qui rend faux leur établissement.

« Si, au contraire, l'Église catholique était la vraie Église, elle ne pouvait errer, et la réforme de sa doctrine était à la fois inutile et impie.

« Vous pourrez toujours remarquer que les protestants sont très-soigneux à éviter ce dilemme. Ils ne vous donneront jamais une réponse directe sur ce sujet; ils détourneront immédiatement la question , proposeront d'autres arguments, et donneront le change à votre attention pour l'attirer sur d'autres points ; tandis que celui-là est le point principal.

« J'ai encore à vous dire qu'ils se sont prévalus de votre ignorance de l'histoire de l'Église, lorsqu'ils vous ont affirmé que les quatre premiers siècles n'ont ni connu ni pratiqué les choses qu'ils appellent les erreurs du pa-

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