‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 126 sur 225 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

dé l'État. Le Père Farmer coopérait avec lui dans un ministère laborieux ; car si le nombre des catholiques ne s'élevait pas alors à plus de deux cents dans la ville de New-York , on en comptait plus de deux mille disséminés dansla contrée environnante '. Parmi ceux-ci se trouvaient des Français et des Canadiens ; ils étaient l'objet des soins particuliers d'un prêtre émigré français, M. de la Valinière -.

En 1787, le Père Whelan avait quitté la ville de New-York, et s'était allé fixer à Albany. L'évêque de Baltimore avait alors désigné, pour le remplacer, M. William O'Brien, qui

1 Un prêtre pour deux mille catholiques, c'est la proportion qu'on trouve encore aujourd'hui aux États-Unis; mais avec des chiffres qui laissent les chiffres d'autrefois à une étonnante distance, puisqu'on évalue à six millions et demi le nombre des enfants de la vraie Église dans les divers États de l'Union. Le gouvernement américain, par esprit de tolérance et pom* ne gêner personne dans la vaste république, s'abstient de dresser des statistiques religieuses; mais un grand nombre de statisticiens , et en particulier YAnnunl Cyclopedia , revue protestante très-estimée en Amérique, établissent la proportion que nous venons de dire entre le nombre des prêtres et celui des fidèles. Voir: Lettre de M. l'abbé Dujanier, directeur au séminaire Saint- Charles. — M'fryland, — déjà citée page 31.

2 Voir pour ce détail et pour ceux que nous venons de donner: A BriefSkeich offhe history ofthe catholic Chttrch on the island of New-York, by theRev. J. Roosevelt Bayley, secretary ta the archbishop ofNew- York, — actually bishop nf Newark.

devait, pendant trente années, édifier l'Église d'Amérique. L'éminent historien de l'Église de New-York* l'appelle un intelligent et fidèle prêtre. Il était religieux de l'ordre de Saint-Dominique, très-instruit, ayant fait ses études de théologie en Italie , à Bologne. Ses vertus sacerdotales , surtout sa charité , forçaient l'admiration, même des protestants-. Elizabeth le connaissait de réputation, et par Antonio Filicchi, qui le voyait souvent et l'avait en haute estime. Elle désira le voir, se confier à lui. Mais il se trouva qu'à ce moment l'exigence de divers soins lui ôtait le moyen de se donner au soin

1 M. J. Rosevelt Bayley, actuellement évêque de Newark — New-.lersey. — Fils de Guy-Carleton Bayley, et petitfils de Richard Bayley, l'évèque de Newark est un neveu d'Elizaheth Seton.

2 Après la mort de M. William O'Brien, ses paroissiens désirèrent qu'il reposât près de son église. Ils firent graver sur la pierre de son tombeau cette épitaphe pour rappeler ses principaux titres à leurs regrets. En voici la traduction :

sous CET HUMBLE TOMBEAU REPOSENT LES RESTES MORTELS DD TRÈS -REGRETTÉ ET VÉNÉRABLE PASTEUR DE SAINT- PIERRE, LE RÉV. WILLIAM V. o'bRIEN. IL QUITTA CETTE VIE LE U MAI 1816, ÂGÉ DE SOIXANTE-SIX ANS.

Qui n'a entendu parler de sa piété', de sa bienveillance , de sa charité, et du dévouement qu'il montra pendant les ravages que fit la fièvre jaune dans les mémorables années de 1795 et 1798? Oui, j'ai été malade, et vous m'avez visité, — S. Matth., xxv, 36 •

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