CHAPITRE IX
lement créés aux États-Unis furent des prêtres français, arrachés aux œuvres commencées dans leur patrie, et dévoués par la fureur révolutionnaire au bannissement ou à la mort. Entre tant de noms illustres, celui de Cheverus apparaît entouré d'une auréole de gloire et de sainteté. Sa mémoire est également vénérée en France et dans les États-Unis. Au moment où Elizabeth fut inspirée de s'adresser à lui, la renommée de sa charité et de ses talents s'étendait au loin, et avait déjà conquis bien des âmes à Jésus-Christ.
Guide très -éclairé dans la conduite spirituelle, M. de Cheverus n'eut pas un instant de doute sur la prochaine conversion de celle qui , tout à la fois repentante et victorieuse , demandait à être amenée entre les bras de la vraie Église au sortir du creuset de l'épreuve. Il pressentit que la Providence avait de grands deseins sur elle , et s'attacha de toute l'ardeur de son zèle à écarter les derniers obstacles qui auraient pu la ralentir.
Elizabeth, de son côté, toujours plus docile aux inspirations de la grâce, sentait de jour en jour grandir son courage et disparaître ses incertitudes. Sous la plume inspirée de celui qui se dévouait à l'instruire, ses derniers doutes s'évanouissaient, la clarté se faisait autour d'elle , la religion lui apparaissait toute
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radieuse de sa certitude et de sa beauté '. Bientôt elle n'hésita plus à l'embrasser. Quel regret de ne pouvoir rien citer de la correspondance qui fut alors échangée entre cette ardente chrétienne et l'apôtre qui acheva de la diriger vers Dieu ! Toutes les lettres de M. de Cheverus, presque toute la correspondance d'Elizabeth avec M. Carroll, et beaucoup d'autres écrits d'une inestimable valeur ont disparu, dévorés par les flammes d'un de ces incendies si communs en Amérique.
ELIZABETH A AMABILIA FILICCHI
15 février 1805.
« Ils me disent maintenant de
prendre garde; que je suis mère, et que je répondrai de mes enfants au jugementdeDieu, à quelque religion que je les amène. Je le sais, et de plus, j'ai été bien avertie par M. Hobart des conséquences que leur rehgion aura pour eux et pour moi au point de vue des intérêts de ce monde. N'importe ce qu'il en sera. J'irai
1 Voir la Vie de M. de Cheverus, par M. Hamon, curé de Saint- Sulpice. — Voir encore la note 9 à la fin de ce volume.