‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 13 sur 225 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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libertés que tout Anglais tient de sa naissance. L'attachement qu'ils portaient à la mère JDatrie s'était encore fortifié depuis la guerre de 1768, pendant laquelle le sang anglo-américain avait coulé avec le sang anglais, pour assurer à la couronne britannique la possession de cette vaste contrée qui s'étend du golfe du Mexique au pôle nord.

Quand, maîtresse du Canada, et victorieuse dans la guerre de Sept ans, l'Angleterre, écrasée sous le poids d'une dette énorme, résolut de lirer un revenu de l'Amérique septentrionale , les colons américains ne prétendirent pas être exempts de contribuer par leurs sacrifices à la prospérité de l'empire ; mais ils soutinrent qu'ayant des parlements chez eux , et n'étant point d'ailleurs représentés dans le parlement de la Grande-Bretagne, ils étaient les seuls juges de ce qu'ils pouvaient et devaient donner. Ce droit d'impôt réclamé par les colonies, contesté par la métropole, devint la première cause de leur désaccord , suscita pendant plusieurs années de violents débats , et tint les deux peuples en suspens, jusqu'au jour où la guerre civile commença, en 1775, par une rencontre qui eut lieu entre les troupes royales et quelques milices rassemblées auprès de Boston.

Nul n'attend que nous racontions les péri-

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péties de cette lutte mémorable : l'indomptable énergie du congrès américain , le génie de "Washington , le concours de tout un peuple , et hâtons-nous de le rappeler, car nous évoquons ici un grand souvenir, les secours d'hommes et d'argent envoyés par la France, opérèrent des prodiges '. Sept années d'efforts inouïs et de sacrifices héroïques assurèrent aux treize colonies une indépendance glorieusement acquise. Réunies entre elles par le lien fédéral , constituées chacune en État indépen-

1 Depuis le funeste traité de 1763 , la France gardait le ressentiment des échecs qu'avaient subis ses armes. Pendant les dernières années du règne de Louis XV, les projets se succédèrent pour préparer une revanche des désastres de la guerre de Sept ans. La marine française mit à profit les loisirs d'une longue paix; et lorsque l'insurrection des colonies anglaises de l'Amérique éclata, la France était préparée à y jouer un rôle décisif. On sait quel enthousiasme excita la cause des insurgents: Louis XVl, après quelques hésitations, bien justifiées par la grandeur des intérêts que la France devait engager dans une guerre nouvelle avec son ancienne ennemie, finit par associer son gouvernement au sentiment public. Ce fut une ère brillante , que celle où reparut sur les mers cette admirable armée navale qui fit flotter partout avec honnem- notre pavillon blanc. Dans l'Inde, le bailli de Suffren; sur l'Océan, les d'Estaing, les Guichen, les la Motte-Piquet, les de Grasse, illustrèrent nos armes. Sur terre, dans l'Amérique du Nord, les Rochambeau, et toute cette jeune noblesse française accourue sous ses drapeaux, ajoutèrent de belles pages à nos annales.

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