‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 130 sur 225 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

d'une captivité de trente années! Pendant que le prêtre les prononçait, il me semblait que je sentais tomber mes chaînes, comme celles de saint Pierre lorsque l'ange de Dieu les toucha. »

21 mars 1805.

a. Mon Dieu, quelles nouvelles émotions pour mon âme! Le jour de l'Annonciation, je serai faite une avec Celui qui a dit : Si vous ne mangez ma diair , et si vous ne buvez mon sang, vous n'aurez point part avec moi. Je compte les jours et les heures. Encore une courte attente, une espérance de quelques moments, et après!...

c( Comme le soleil est radieux, à cette heure matinale où je sors tous les jours pour aller me préparer à cette sainte communion... ! Couche de neige épaisse, glace ou frimas sur le chemin, qu'importe! je ne vois rien que la petite croix qui étincelle au loin sur le haut du clocher de Saint-Pierre, x»

25 mars 1805.

« Enfin, Amabiha, enfin. Dieu est à moi, et je suis à lui. Les choses de la terre peuvent maintenant aller comme elles veulent!.... Je l'ai

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reçu! Quelles solennelles impressions la veille au soir ! Quelles craintes de n'avoir pas fait tout ce qu'il fallait pour me préparer! En même temps, quels transports de confiance joyeuse et d'espérance en sa bonté! Mon Dieu, jusqu'au dernier soupir de ma vie je me rappellerai celte veille passée dans l'attente de l'aube du matin, ce cœur agité, tremblant, si impatient de partir.,.. Cette longue course, avant d'arriver à la ville ; chaque pas me rapprochant de la rue, de l'éghse; plus près encore, de l'autel; plus près encore, du tabernacle, d'où il allait descendre pour prendre possession de cette pauvre, pauvre demeure, si entièrement à lui! Et quand il fut venu, cette première pensée dont il me souvienne : Que Dieu se lève, et que ses ennemis soient dissipés/ car il me semblait que mon Roi était venu pour prendre possession de son trône; tellement qu'au lieu de la bienvenue, humble et tendre, que javais pensé lui faire, je ne trouvais plus en moi qu'un sentiment de triomphe, de joie, d'allégresse, de ce que mon libérateur était venu : mon défenseur, mon bouclier, ma force, mon salut pour ce monde et pour l'éternité.

« A ce moment, mon cœur se dilatait dans ses transports. Je puis dire qu'il bondissait avec ferveur, avec une ferveur encore plus grande, — mais non , il n'est pas permis que je

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