‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 134 sur 225 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

jugement. Les sermons de Bourdaloue ont aussi admirablement contribué à me convaincre et à m'éclairer. Depuis plusieurs mois, j'ai toujours mis au nombre de mes dévotions de chaque jour la lecture d'un de ses sermons. »

Une des plus grandes douceurs que puisse goûter une âme élevée, délicate, une belle intelligence attirée vers les pensées d'un ordre supérieur, était réservée à Elizabeth. Elle obtint l'affection, elle fut l'objet du dévouement de plusieurs personnages éminents par leur caractère . leurs vertus et la hauteur de leur esprit. L'amitié de M. de Cheverus , de l'évêque de Baltimore , fut l'honneur de sa vie , et Dieu sembla prendre soin qu'elle eût toujours à côté d'elle quelques-uns de ces prêtres si distingués et si pieux , qui exerçaient à cette époque le saint ministère aux États-Unis.

Il suffira que nous nommions M. Matignon, naguère docteur en Sorbonne, qui fraya lu voie où M. de Cheverus, son ami et son émule, vint marcher à côté de lui; M. Babad, delà Compagnie de Saint-Sulpice, un des collaborateurs de M. Émery; M. du Bourg, M. Flaget, M. Dubois, et M. Brute de Remur, qui furent les premières gloires de l'épiscopat dans l'Amérique du Nord.

Assurétrent, ce fut par une bénédiction toute particulière sur Elizabelh , que ces grands serviteurs de Dieu se trouvèrent réunis presque en même temps , pour l'entourer de leurs soins et la soutenir de leurs conseils, elle, la nouvelle enfant de l'Église, que tous les siens abandonnaient. Le blâme, la colère, le mépris, voilà ce qu'elle rencontra, depuis sa conversion, chez ceux qui l'avaient le plus accoutumée à la douceur de leur tendresse. Seules parmi tant de proches et de parents, une jeune fille et une enfant ' se montrèrent touchées de la sincérité de ses recherches et de la générosité de ses sacrifices. Au fanatisme qui la repoussait se vinrent mêler des considérations d'amourpropre, très -impérieuses aux États-Unis, en dépit des théories libérales et républicaines qui de tout temps y furent professées. La nouvelle convertie dut comprendre bientôt qu'abandonner le protestantisme, c'était encourir une véritable déchéance aux yeux de la bonne société, du monde élégant à qui elle appartenait. On lui signifia, sans aucun ménagement, que toute relation, toute communication cessait désormais avec elle.

D'autre part, l'état de ses affaires, demeuré fort embarrassé, s'aggrava tout à fait. Protes-

1 Henriette et Gecilia Seton, belles-sœurs d'Elizabeth.

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