‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 146 sur 225 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

moment sera venu , nous aussi , nous le saurons. En attendant, il donne de la force à la plus faible , à la plus pauvre de ses créatures. La joie viendra des le 'matin '; et maintenant ils regardent tous avec des yeux de surprise celle qui pouvait à peine contenir ses impatiences, il y a peu d'années, et qu'ils voient maintenant souriante toujours, au milieu de difficultés d'une nature telle, que tous les peuvent comprendre et sentir. »

M. Harris finit cependant par entrer en arrangement avec Elizabeth. Non qu'il acceptât de l'avoir comme associée pour l'éducation et l'enseignement qui se donnaient chez lui ; mais il fut convenu entre eux qu'elle recevrait, dans une maison louée non loin de celle qu'il occupait, un certain nombre d'enfants, élèves externes dans son école. Cet arrangement devait durer trois ans, et promettait d'assurer pour ce temps l'existence d'Elizabeth.

1 Psaume xxix.

Deux sœurs de William -Magee Selon, Henriette et Cécilia. — Attachement et admiration qu'elles éprouvent pour Elizabeth. — Maladie de Cecilia. — Elizabeth obtient la permission de la voir. — Cecilia confie à sa belle-sœur le désir qu'elle a d'embrasser la religion catholique. — Étonnement d'Elizabeth, prudence de sa conduite. — Cecilia est reçue au sein de la vraie Église. — Persécution et rigueurs dont elle devient l'objet. — Chassée de la maison paternelle, elle cherche un refuge auprès d'Elizabeth. — Lettre de M. Garroll. — Correspondance d'Elizabeth avec Antonio et Filippo Filicchi. — Bonheur surnaturel goûté parmi les tribulations.

Les cinq enfants orphelins qu'avaient laissés William -Magee Selon étaient encore tous en bas âge. L'aîné de ses fils, au moment où lui se mourait dans le lazaret de Livourne, attei» gnait seulement sa huitième année '. Nous pouvons donc dire que deux ans plus tard, à l'époque où nous voici , le véritable chef de la

1 II était né le 25 novembre 1796. Il est mort le 20 janvier 1868, laissant trois fils et quatre filles.

famille Seton était James , frère puîné de William-Magee.

Appelé par ses goûts et par les traditions de' sa famille à suivre l'état militaire, James avait été pourvu, dès l'âge de quatorze ans, d'une commission d'enseigne dans l'armée anglaise. La déclaration de l'indépendance américaine et la révolution qui s'ensuivit l'avaient surpris en Angleterre, tandis qu'il achevait ses classes tout en servant dans un des régiments de Highlanders. La loyauté lui commandait de ne point trahir son drapeau. Combattre contre le pays qui l'avait vu naître, n'entrait pas même en sa pensée. Forcé de revenir à la vie privée, il s'était fixé à New-York, s'y était marié jeune, et jouissait dans cette ville d'une large existence agréable et considérée. Après lui, venaient Henry, son frère, officier dans la marine des États-Unis, et Anna-Mary, mariée à l'honorable John Vining, sénateur des États-Unis pour l'État de Delaware : M"'" Vining était comptée parmi les beautés les plus remarquables de son temps : à bon droit ; il est aisé d'en juger par son portrait, qui figure, accomipagné d'une notice biographique, dans le célèbre ouvrage intitulé : The Repuhlican Court of Washington '. De son mariage avec M''^ Gur-

1 La Cour républicaine de Washington.

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zon, sœur de sa première femme, William Seton, père de AVilliam-Magee, de James, de Henry et de M"" Vining, avait eu cinq autres enfants : Eliza , mariée à M. Maitland , de New- York ; Charlotte, mariée au gouverneur Ogden ' ; Henriette, âgée maintenant de vingt ans à peine; Cecilia, qui entrait dans sa quinzième année, et Samuel, plus jeune encore.

Henriette et Cecilia avaient toujours tendrement aimé Elizabeth, leur belle-sœur. Ni l'admiration ni l'attachement qu'elles lui vouaient ne furent altérés lorsqu'elles la virent entrer au sein de la religion catholique. Le blâme dont on la poursuivait les désola. Elles voulurent prendre son parti, elles élevèrent la voix en sa faveur: c'était l'exposer à plus d'injustice. Pour ne pas lui nuire , elles continrent l'élan de leurs vaillants cœurs, devinrent muettes quand on l'attaquait, et n'eurent que leurs larmes pour la défendre. Peu à peu on leur sut gré de leur silence et de leur douceur. Elles obtinrent même la permission de voir Elizabeth , à de longs intervalles, pendant de rapides moments

1 Gouverneur est pris ici dans uu seus honorifique. Anciennemeut, dans les colonies anglaises et hollandaises de l'Amérique du Nord, non-seulement on conservait ce titre à celui qui avait été délégué pour gouverner une province au nom de la couronne, mais on le donnait par courtoisie aux fils aînés des anciens gouverneurs.

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