‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 15 sur 225 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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lieu quelques jours après son entrée dans la ville.

New-York s'appartenait désormais ; elle allait s'administrer, se défendre, se gouverner elle-même. Rien n'eût terni le triomphe des Américains si l'animosité des passions, survivant à la lutte, n'eût amené de la part des vainqueurs des persécutions aussi injustes qu'impolitiques contre les loyalistes. Richard Bayley comptait dans ce parti des amis nombreux. Il eut la douleur de voir plusieurs d'entre eux réduits à chercher dans un exil volontaire la paix et les garanties que leur patrie leur refusait. La Nouvelle-Ecosse fut l'asile vers lequel la plupart de ces fugitifs se dirigèrent ; leur départ priva la république de citoyens honorables, dont la perte lui causa un dommage sensible. Le nombre de ceux qui s'éloignèrent ainsi des divers États de l'Union fut considérable ; on assure qu'il s'éleva à plus de trente mille.

Par une heureuse exception , la famille qui nous occupe ici ne connut point ces revirements, tristes fruits de la guerre civile. Richard Bayley, tout compromis qu'il était dans le parti loyaliste, s'était acquis une telle réputation de science et d'intégrité , que ses concitoyens n'hésitèrent pas à l'appeler à la plus honorable des foncliuns auxquelles il pouvait pré-

tendre. L'inspection générale de la santé du port de New- York fut confiée à ses soins.

Quelques années plus tard, une autre distinction l'attendait. En 1792, l'université de Columbia, usant des privilèges qu'elle tenait de sa charte, jugea opportun d'ériger une faculté de médecine, et offrit à l'éminent praticien le titre de professeur dans la chaire d'anatomie. En peu de temps, les cours de Richard Bayley devinrent célèbres aux États-Unis. Les résultats de ses études et de ses travaux, consignés par lui dans plusieurs publications remarquables, firent également autorité en Amérique et en Europe.

Estimé, honoré de tous, chéri d'une famille intéressante et charmante, à laquelle il consacrait tous les moments que la science et les occupations de son art lui laissaient, le père de notre Elizabeth menait une vie utile aux autre, et heureuse à lui-même. Le mariage de sa fille aînée , son enfant de prédilection , vint compléter le bonheur qu'il avait toujours goûté par elle.

William -Magee Seton. — Détails sur son aïeul et sur son père. — Les Lettres d'un cultivateur américain. — William Seton directeur de la banque de l'État de New-York. — Voyage de William-Magee eu Europe. — Séjour en Toscane. — Filippo et Antonio Filicchi. — Retour de William-Magee Seton aux Etats-Unis. — Son inclination pour M"» Elizabeth Bayley. — Portrait d'Elizabeth.

William-Magee Seton •, le fiancé d'Elizabeth, n'avait jamais été pour elle un étranger. Dans son enfance il grandissait à côté d'elle ; plus tard, elle était devenue l'amie de ses sœurs après avoir été la compagne de leurs jeux. Comme elle , il était né en Amérique de parents anglais. William Seton, son père, fils aîné de John Seton, chef de la branche des Seton de Parbroath , avait quitté l'Angleterre ,

1 Le nom de Magee que portait William Seton lui venait d'uu ami de sa famille, M. Magee, de Londres, qui avait été son parrain et qui lui légua un héritage considérable.

OÙ son aïeul et ses parents, compromis par leur fidélité aux Stuarts, désormais étrangers à la cour et aux affaires, vivaient sans éclat du débris de leurs grands biens. N'attendant rien que de lui seul, William Seton, très-jeune encore, résolut d'aller au loin tenter la fortune.

L'esprit d'aventure et d'entreprise , l'imagination qui enfante les grands projets, a toujours été l'un des caractères distinctifs de la race anglo-saxonne; jamais pourtant à un si haut degré que dans le milieu du xviii^ siècle. A cette époque si brillante pour l'empire britannique, l'exemple de fortunes prodigieuses faites dans le nouveau monde et aux Indes orientales, produisit une émulation jusqu'alors inconnue. La foule s'accrut tous les jours de ceux qui s'en allaient en pays lointain , poussés par l'ambition de conquérir la richesse.

Parmi ces nombreux émigrants, William Seton fut un de ceux que le sort traita le mieux. Courageux, entreprenant, doué déjà d'un remarquable caractère, il sut choisir le lieu le plus favorable à la réussite de ses desseins. Au printemps de l'année 1760, il s'embarque pour l'Amérique. Une traversée rapide le conduit au port de la florissante ville de New-York. Passer d'Europe dans le nouveau monde était un grand voyage alors. Le voici

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