CHAPITRE X
ses guides fidèles. La distance de New-York à Baltimore et à Boston permettait le rapide échange des lettres. Entre elle et ses amis si. soifineux, c'était la séparation, mais ce n'était pas l'absence.
Le soin de sa direction de chaque jour, elle l'avait confié à M. Tisserant, prêtre français, que M. de Cheverus lui avait désigné comme « infiniment digne de respect, aimable, et non moins distingué par sa science que par sa piété y>. Le révérend Michaël Hurley, religieux de l'ordre de Saint-Augustin, récemment arrivé d'Europe, attaché à la paroisse de Saint- Pierre, prenait, lui aussi, un sérieux intérêt à ses affaires spirituelles. Ce fut lui qui instruisit Cecilia, et qui dirigea ses pas lorsqu'elle demanda d'être admise au sein de la vraie Église. De leur côté, M. et U^^^ James Barry, catholiques irlandais, fixés depuis longtemps à New- York, cœurs vifs, sincères, expansifs, s'étaient attachés à Elizabeth. Leur liaison avec elle datait du temps de sa conversion. Dans ces difficiles commencements, ceux qui l'aimaient furent souvent appelés à lui en donner des preuves. Chaque fois qu'il se présentait quelqu'une de ces occasions que l'amitié envers des heureux envie à l'amitié dévouée au malheur, les Barry savaient la saisir avec cette bonne grâce , cette générosité et cette chaleur
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qui sont la nature même du caractère irlandais. Leur piété avait bien les traits propres au génie de leur pays, ardente et communicative. A la régularité de leurs mœurs, ils unissaient beaucoup d'aménité. D'aimables enfants, et des parents plus âgés qu'eux, animaient leur intérieur; leur maison était agréable et hospitalière ; c'était là que le clergé de la petite congrégation catholique de New- York trouvait à se réunir, L'évèque de Baltimore entretenait des relations suivies avec celte famille. Tous ceux qui la connaissaient la respectaient et l'aimaient.
Telles étaient les amitiés, tels étaient les nouveaux trésors qui possédait Elizabeth au moment où le départ d'Antonio Filicchi allait mettre la distance et le temps entre elle et cet incomparable ami.
ELIZABETH A ANTONIO FILICCHI
28 mai 1806.
d Je viens de recevoir une longue lettre que M. Tisserant m'adresse pour vous. Je la résume en vous disant qu'il s'attend à partir, selon toute apparence, dans une quinzaine de jours, en même temps que M. et M^^ Belain , à bord