‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 161 sur 225 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

effusions de mon cœur, ses tendres sentiments, sa joie, sa reconnaissance, son triomphe, quand il se dit que rien sur terre ne saurait ajouter, rien ôter, à cet infini trésor qui tient lieu de tout à l'âme qui s'y confie, persuadée que chacune de ses désolations, chacune de ses pertes au point de vue des biens terrestres, est un gage assuré de son éternelle félicité.

(( Et maintenant, de qui mon âme a-t-elle reçu l'inlelligence de toutes choses; qui est celui dont la main bénie l'a guidée vers son unique trésor; qui l'a soutenue à l'heure de ses défaillances ; qui l'a encourir gée lorsqu'elle tremblait pour son propre salut?... Et mes enfants chéris! Ah! je leur apprends à vous regarder, eux aussi, comme la source de toutes nos consolations. »

l'ÉVÊQUE de BALTIMORE A ELIZABETH

23 mai 1S07.

« Malgré que vous soyez persécutée pour avoir obéi à ce que votre conscience vous dictait, et qu'il vous soit interdit de vous entretenir hbrement avec les personnes qui vous sont unies par les liens les plus étroits et les I. Il

plus chers, votre exemple cependant, votre patience, et je puis le dire, votre joie à souffrir, produiront certainement, et ont déjà commencé de produire leur efîet sur la conscience de tous ceux qui mettent à un plus haut prix le salut éternel que les intérêts terrestres. A l'égard de votre persévérance, je ne me sens aucune appréhension; mais ma sollicitude est grande pour ceux qui, s'étant exclus volontairement de l'enseignement que votre exemple leur donnerait si bien, se privent du pain de vie. En pensant à eux, toutefois, je me confie en la paternelle bonté de Dieu, auquel il est si facile d'écarter les obstacles et les ténèbres que l'erreur répand sur le chemin de ceux qu'il a élus.

« Tout ce que j'apprends et entends de vous accroît mon intérêt, mon respect, mon admiration. Mais gardez de vous attribuer aucun mérite pour tout ce que vous avez fait. Ce qui est digne d'être loué en vous, dans l'ordre de la nature ou de la grâce, est un don de Dieu et lui appartient. Il serait au-dessous de la dignité d'une âme chrétienne, qui a médité souvent sur le désordre de l'orgueil, de s'attribuer une gloire qui n'appartient qu'à Dieu seul.

<c Je ne finirai pas sans vous dire de nouveau que vous devez compter sur moi, en toute cir-

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