CHAPITRE X
constance où il serait en mon pouvoir de m'employer pour vous ; et sans vous assurer que si vous aviez le moindre besoin de mes encouragements, ils ne vous feraient pas défaut pour vous aider à persévérer dans la constance que vous avez montrée au milieu de vos épreuves.
ELIZABETH A ANTONIO FILICCHi
22 juin 1807,
« Une lettre de M. de Cheverus m'annonce que vous lui avez écrit à la date du ' et un petit passage qu'elle renferme me prouve votre constante affection et intérêt pour votre famille d'Amérique. Que le Seigneur vous récompense, Antonio! lui seul le peut! Ma dernière lettre, celle du mois de mars dernier, vous disait la mort de M""" Maitland; celle-ci vous apprendra la mort, plus affligeante en-
1 Cette date n'a pas été indiquée. La place qu'Elizabetli lui avait réservée en commençant la lettre est restée en blanc; elle a oublié de la remplir. Puisque l'occasion s'en présente ici, disons que, d'ordinaire, elle ne semble pas attacher une grande importance à l'indication des dates. De nouveaux documents nous ont été donnés qui nous ont permis de suppléer à quelques omissions de ce genre dans sa correspondance, et d'y rectifier quelques erreurs.
364 ELIZABETII SETON
core, de M^e James Selon, J'y ai perdu la douce société de ma Gecilia et les soins consolants de son affection ; car elle a été immédiatement redemandée à la maison pour prendre la charge des enfants. Ce qu'elle souffre maintenant est si pénible, qu'il en sortira, je l'espère, la fin de ses peines. En attendant, elle vit comme un ange de paix , au milieu de toute espèce de contradiction. La gouvernante des enfants s'est efforcée déjà de persuader à M. Seton que Gecilia distillait le poison de nos principes dans l'esprit de sa fille aînée. Cela lui a valu bien des chagrins , et a rouvert toutes les douloureuses blessures des premiers temps de sa conversion. Nous sommes redevenues le sujet des conversations, remarques, critiques, etc.. ; tournées en ridicule du matin au soir; ce qui l'affecterait aussi peu que moi, s'il s'agissait seulement de nos personnes. Mais c'est pour elle un vrai supplice de voir notre reUgion représentée sous des couleurs fausses ; et c'en est un, non moins grand, de voir en quelles profondes ténèbres sont plongés ceux qui méprisent notre foi. Tout ceci est entre les mains de Celui qui peut changer les ténèbres en lumière, et qui nous fait nous réjouir dans le témoignage de notre conscience ; car nous n'échangerions, ni l'une ni l'autre, la moindre parcelle de notre trésor contre un million de